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Vers un monde plus juste

L'ivresse de la force (Noam CHOMSKY).

                                                            mars 2008      244 p.     19 €

        L'ivresse et la force dont il est question ici sont bien sûr américaines. Car, selon Noam Chomsky, aujourd'hui les États-Unis agissent tout à fait dans l'esprit de l'orgueilleuse déclaration de George Bush père après la guerre du Golfe: What we say goes ("C'est nous qui commandons"). Mais, de l'Amérique latine qui relève la tête au Moyen-Orient qui résiste, le monde réel ne l'entend pas de cette oreille. Dans ce nouveau recueil d'entretiens avec David Barsamian, Chomsky analyse cette riposte mondiale en alliant les explications historiques à des informations précises sur les événements mondiaux les plus récents, informations parfois recueillies directement sur le terrain (comme au Liban ou dans plusieurs pays d'Amérique latine). Avec la lucidité critique qu'on lui connaît, il aborde le bourbier irakien, les dernières phases du conflit israélo-palestinien, la guerre du Liban et ses suites, les tensions actuelles avec l'Iran, le bilan des succès de la gauche latino-américaine, les politiques néolibérales en Inde... Il insiste aussi sur l'impact mondial du déficit démocratique aux États-Unis, et sur les réactions de plus en plus nombreuses qu'il suscite au sein de la population américaine. Un essai stimulant pour comprendre tous les enjeux de la politique internationale de notre temps, par le penseur critique que le Boston Globe considère comme "le citoyen le plus utile d'Amérique".

                                          Biographie de l'auteur
     Né en 1928, professeur de linguistique au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Noam Chomsky est un auteur et philosophe politique radical de réputation internationale. Parmi ses plus récents ouvrages traduits en français: La Doctrine des bonnes intentions. Entretiens avec David Barsamian (Fayard, 2006), Dominer le monde ou sauver la planète? (Fayard, 2004), Les États manqués. Abus de puissance et déficit démocratique (Fayard, 2007), La Poudrière du Moyen-Orient (avec Gilbert Achcar, Fayard, 2007).


Les paradis fiscaux?

 

     Pour tout savoir sur les paradis fiscaux:   http://www.argentsale.org/  

      Un petit historique des paradis fiscaux et judiciaires


     Il est difficile de savoir quand commence véritablement l'existence des PFJ ! D'aucuns s'accordent à dire qu'au 2ème siècle avant JC apparaissent les premières zones franches officielles, en Méditerranée orientale. Dès 166 avant JC, et pendant près d'un siècle, l'île de Délos pratique un commerce libre de taxes, impôts et droits de douane. De par sa position géographique privilégiée, l'île devient un très important centre de commerce et d'échange par où l'ivoire, les étoffes, le vin, le blé et les épices transitent.

    Le même principe est repris au Moyen-Âge dans différentes villes («villes franches»), mais aussi dans des ports et des foires, qui bénéficient d'un principe d'extra territorialité commerciale et fiscale. La franchise connaît, dans le cas des villes, une limite géographique, et, dans le cas des foires, une limite temporelle (de quelques jours à quelques semaines). La première foire franche remonte ainsi au VIIème siècle avec la foire dite du lendit, à Saint-Denis, instituée par le roi Dagobert. Entre le XIIème et le XIVème siècle, les grandes foires de Lyon, de Brie, de Beaucaire ou encore de Champagne bénéficièrent du même traitement de faveur.

    Le cas de la ville de Marseille est intéressant: dès le début de l'ère chrétienne, Marseille est une république indépendante disposant d'un port franc qui attire navires et produits de toute la Méditerranée. Ce n'est qu'à partir de 1481, lorsque le Roi de France s'empare de la ville, que le statut du port est remis en cause. Il gardera cependant une partie de ses privilèges jusque... 1817 !

    A partir du XVIème siècle, c'est au tour des comptoirs coloniaux de développer des activités bancaires offshore liées aux opérations commerciales. Dans les années 1910, c’est avec la prohibition américaine, qu'apparaît dans le vocabulaire le terme de blanchiment: pour réintroduire les liquidités illégales provenant du trafic de l'alcool, les bandits investirent dans des ''salons de lavage'' ou laveries avec des machines à pièces, qui leur permettaient de nettoyer l'argent au sens propre du terme ! Plus tard, dans les années 1920, une nouvelle génération de paradis fiscaux apparaît: des zones comme les Bahamas, la Suisse ou le Luxembourg commencent à développer des législations permettant notamment aux étrangers de venir déposer leurs capitaux pour échapper à l'impôt.

    Beaucoup de ces territoires, après la seconde guerre mondiale, appartiennent aux «oubliés du Plan Marshall». Pour financer leur développement, certains se spécialisent dans les pavillons de complaisance tandis que d'autres adoptent une stratégie d'intégration à l'ordre mondial par la dérégulation et le secret bancaire.

    Le nombre des paradis fiscaux n'a depuis pas cessé de croître grâce à la libéralisation financière et au développement des moyens de communications télématiques et informatiques facilitant des mouvements de capitaux rapides. Ce qui parait paradoxal à première analyse. On aurait pu s’imaginer que l’attractivité des PFJ aurait dû s’émousser au cours des années 1980 -1990 du fait de la déréglementation financière. Cependant les pratiques de séduction fiscale articulées avec des offres d’opacité et de compétence ont assuré leur développement et leur spécialisation. Les PFJ offrent en plus des privilèges fiscaux une série complète de services de très haut niveau dans la banque (en particulier la gestion privée à Luxembourg) dans l’assurance et pour la mise en œuvre de produits financiers les plus sophistiqués (Hedge Funds). Les Iles Caïmans constituent l’exemple d’une offre off shore complète et intégrée à la finance mondiale. En quelques années, ce territoire britannique de 40 000 habitants est devenu un acteur incontournable des marchés financiers internationaux avec quelque 600 banques, 500 compagnies d’assurance, 50 000 IBC, 25 000 trusts et près de 5 000 fonds de placement.


Quand les multinationales gouvernent le monde (David C. KORTEN).

 


   L'évolution de notre système économique a des répercussions de plus en plus visibles et dures sur notre vie quotidienne et le tissu social. Pendant des décennies, les élites et les médias nous ont répété que " c'était inéluctable ". Mais à l'avantage de qui ? Aujourd'hui les citoyens prennent conscience de l'envers de ce discours : tout cela est minutieusement organisé ! David C. Korten décortique ici les mécanismes qui ont conduit à la mondialisation et qui, petit à petit mais inexorablement, grignotent la démocratie, la reconnaissance des droits de l'homme, l'environnement, et limitent la concurrence en favorisant les monopoles. " Si nous voulons des sociétés qui accordent plus de valeur à la vie qu'à l'argent, nous devons recréer nos institutions dans ce sens ". David C. Korten nous propose des moyens très accessibles pour développer une société plus saine, basée sur le local, la durabilité, la biodiversité, la justice économique, le respect de l'être humain. Il propose beaucoup de solutions pour agir à plusieurs niveaux : personnel, local, éducatif, financier, agricole, politique. Pour reprendre sa place, la société civile a besoin d'étayer sa démarche, de démasquer les agissements des multinationales : David C. Korten lui fournit par ce livre des arguments lumineux et des pistes d'action pour faire contrepoids !

             Biographie de l'auteur
   David C. Korten, un des auteurs les plus connus dans le monde sur la critique du système capitaliste. Ses livres sont traduits en 18 langues. Titulaire d'un M.B.A. et d'un doctorat d'économie à l'Université de Stanford, David C. Korten a une expérience de plus de 35 ans dans les institutions de développement international et dans la société civile. Il participe au Forum Social Mondial.