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Vers un monde plus juste

Les stratégies absurdes : Comment faire pire en croyant faire mieux Maya BEAUVALLET )

 

janvier 2009      147 p.      14 €

 

     Un club de football met à l'amende un de ses joueurs au motif qu'il rend trop souvent la balle à l'adversaire. Résultat : il ne la passe plus à personne. Un patron décide d'organiser une compétition permanente entre ses salariés. Résultat : une partie d'entre eux commencent à saboter le travail de leurs collègues. Constatant que certains patients victimes de graves complications cardiaques décèdent régulièrement au bloc opératoire, une clinique fixe un quota maximal de "pertes" à ses chirurgiens. Résultat : lorsqu'ils approchent du chiffre fatidique, les chirurgiens refusent d'opérer. Une école décide de sanctionner financièrement les parents dont les enfants arrivent en retard le matin. Résultat : le nombre des retardataires se multiplie... Le point de départ de ces histoires est presque toujours le même : la nouvelle idéologie managériale et ses méthodes, ses indicateurs de performance, ses dispositifs d'incitation et de sanction. Maya Beauvallet en propose ici à la fois le bêtisier le plus insolite et l'analyse la plus sérieuse.

                            Biographie de l'auteur
     Maya Beauvallet est économiste, maître de conférences à TELECOM ParisTech. Elle a notamment publié Le Rôle de l'Etat (Bréal, 2006). Elle mène depuis plusieurs années des recherches sur les indicateurs de performance.


Vers une nouvelle définition des produits non-OGM

Dans un avis présenté mardi, le Haut conseil des biotechnologies (HCB) préconise que ne puissent être considérés "sans OGM", que les produits alimentaires contenant moins de 0,1% d'ADN transgénique. Le gouvernement a alors annoncé qu'il allait préparer sur la base de cet avis, un décret définissant un nouvel étiquetage.

Mis en place en avril dernier, le HCB a été saisi par le gouvernement en juin afin qu'il fasse des propositions pour la définition de produits "sans OGM". Dans son avis publié mardi, il fait la distinction entre les filières végétales et animales et propose que pour les végétaux, la mention "sans OGM" soit réservée aux produits contenant moins de 0,1% d'ADN transgénique, "seuil le plus bas techniquement réalisable garantissant à la fois le respect du consommateur et la fiabilité des transactions".Pour les produits issus d'animaux tels que le lait, la viande ou le fromage, le HCB recommande que la mention "nourri sans aliments OGM" ou "issu d'animaux nourris sans aliments OGM" soit réservée aux produits provenant d'animaux nourris avec des aliments contenant également moins de 0,1% d'ADN transgénique.Concernant enfin les produits issus de l'apiculture, le comité estime que la mention sans OGM devrait être fondée sur une distance minimale entre le rucher et les cultures d'OGM.Le HCB a été créé par la loi sur les OGM de juin 2008 relative à "la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM". Cette loi précise que la définition des produits "sans OGM" se comprend par référence à la définition communautaire. Mais en attendant cette définition européenne, le seuil doit être défini par voie réglementaire.Dans un communiqué, les ministères de l'Écologie, de l'Économie, de la Recherche et de l'Agriculture ont déclaré que "le gouvernement préparera un projet de décret définissant l'étiquetage des produits provenant des filières sans OGM afin de permettre au consommateur et au producteur d'exercer leur libre choix".

 


Journalistes verts poursuivis.

     
        Reporters sans frontières au rapport (vert)
    L’ONG publie aujourd’hui un rapport sur les journalistes poursuivis parce qu’ils ont dénoncé des crimes environnementaux.

Il n’y a pas que sous les balles et dans le sillon des chars qu’on risque sa peau. Reporters sans frontières publie aujourd’hui un rapport et conte l’histoire de quelques journalistes menacés, condamnés ou blessés parce qu’ils avaient dénoncés des crimes environnementaux.

    “Lai Baldé, journaliste guinéen, vit sous la menace. Tamer Mabrouk, blogueur égyptien, fait l’objet d’une procédure judiciaire. Le journaliste russe Grigory Pasko a passé quatre années en prison. Son confrère ouzbek, Solidzhon Abdurakhmanov, vient d’être condamné à dix ans de prison”. Le rapport publié aujourd’hui par Reporters sans frontières (RSF) commence par une longue litanie de victimes. Leur point commun ? “Ils enquêtent ou ont enquêté sur des sujets liés à l’environnement dans des pays où il est dangereux de le faire. ”

    Comme la corruption ou les bavures militaires, les entorses à l’environnement embarrassent aujourd’hui les gouvernements aux quatre coins du monde. “Ces questions sont devenues des enjeux stratégiques notamment pour les nations qui dépendent énormément de leurs ressources en matières premières. D’autant que du bon respect de l’environnement dépend aussi l’aide des pays riches, décrypte Jean-François Julliard, secrétaire général de RSF. Alors aujourd’hui dans ces pays, on risque sa peau pour en parler. ”

    La révélation ne date pas d’hier mais les cas se multiplient depuis quelques années. “On en voit au Brésil, au Cambodge, au Congo. Mais de loin, les cas les plus fréquents sont en Russie“, souligne M. Julliard. Ainsi de l’histoire de Grigory Pasko, emprisonné quatre ans pour avoir dénoncé le versement de déchets nucléaires dans la mer du Japon (voir témoignage). Ailleurs, d’autres ont pris dix ans pour avoir rapporté l’assèchement d’une mer, des coups pour un projet d’autoroute traversant une forêt ou ont été kidnappé pour s’être attaqué à la déforestation. Des menaces d’autant plus graves qu’elles attaquent des journalistes en devoir d’information, souligne le rapport. “Pour préserver la nature, il faut en premier lieu établir un diagnostic précis de l’état des ressources et de la façon dont elles sont employées. Grâce à ce travail d’analyse – auquel la presse participe largement – les décideurs politiques peuvent ensuite fixer les normes qui s’imposeront aux acteurs économiques et aux populations.”

    Or, ces journalistes sont souvent peu soutenus par les populations locales, effrayées à l’idée de perdre leur emploi dans des entreprises trop polluantes. Ils sont donc souvent peu ou pas défendus, leurs histoires peu médiatisées. RSF s’est promis d’y remédier “Quand les journalistes s’attaquent à des problèmes économiques ou politiques, on peut se dire qu’ils cherchent le scoop, concède Jean-François Julliard. Mais là ils traitent des questions d’intérêt général. Ils oeuvrent pour le bien de l’humanité ! ”

    A lire aussi dans Terra eco :
   - 4 ans de prison pour avoir enquêté sur les déchets nucléaires