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Vers un monde plus juste

Dix-sept associations dans le collimateur de la justice

     Après le scandale lié au fonctionnement de l'Association pour la recherche sur le cancer (ARC) et celui de la SPA, le monde associatif est de nouveau dans le collimateur de la justice. Le parquet de Paris a ouvert une information pour "escroquerie" et "abus de confiance" contre dix-sept associations caritatives à but non lucratif, révèle Le Parisien-Aujourd'hui en France, mercredi 14 octobre. Elles auraient détourné plusieurs millions d'euros. Deux juges d'instruction du pôle financier et les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) ont été désignés pour déterminer la destination des sommes collectées.
    Ces associations déclarant agir en faveur de l'enfance, des pays pauvres ou contre certaines maladies procèdent par l'envoi massif de courriers traditionnels ou électroniques faisant appel aux dons. Utilisant des noms similaires à ceux d'organismes connus, elles partagent avec eux des structures comme les centres d'appel pour parfaire l'illusion. Si elles financent bien en général des œuvres caritatives ou des organismes de recherche, la destination de la majeure partie des fonds pose problème, selon le Parisien, qui relève que ces derniers sont souvent versés à des prestataires de services intermédiaires situés aux Etats-Unis. "Plusieurs n'ont qu'une simple adresse en France, correspondant à une domiciliation d'entreprise", indique une source au Parisien. Les enquêteurs visent plus les responsables des structures que les employés français des associations et s'interrogent sur la destination des sommes. L'Inspection générale des affaires sociales a remis un rapport en 2008 faisant aussi état de soupçons sur l'activité de deux de ces associations, et pointant les risques de la mondialisation de l'activité de telles structures.

    L'Association pour la recherche sur le diabète (ARD) a répondu aux demandes du Parisien, affirmant que "l'ensemble des dons versés sert exclusivement à financer la recherche en France". La Ligue européenne contre la maladie d'Alzheimer admet que "le ratio argent collecté/argent reversé est encore trop faible".

 
 (Suite)

L'incinération réchauffe notre climat

 

L'incinération réchauffe notre climat

Les 130 usines d'incinération françaises (le plus grand parc européen) rejettent annuellement environ 5 millions de tonnes de CO2, soit l'équivalent de 2,3 millions de voitures.

L'énergie issue des incinérateurs, que les industriels présentent comme une « énergie verte » est en réalité en partie d'origine fossile, provenant notamment des plastiques produits à partir de pétrole. Considérer l'incinération comme une source d'énergie renouvelable est contraire aux réalités scientifiques. Ainsi, quelle que soit l'utilisation de cette énergie (électricité et/ou chaleur), les émissions dues à l'incinération contribuent à l'effet de serre, en plus des pollutions chimiques qu'elles génèrent.
La loi de finances 2009 a introduit une taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) pour les déchets entrant dans un incinérateur, reconnaissant l'impact négatif sur l'environnement de ce mode de traitement. Par contre, cette taxe ne prend pas en compte l'impact de l'incinération sur le changement climatique.

Parce que les déchets brûlés sont des émetteurs net de gaz à effet de serre (GES) comme le fioul, le gaz ou le charbon,
Parce que l'incinération freine le développement d'une gestion alternative des déchets fondée sur la prévention, le recyclage, la méthanisation et le compostage, meilleures options pour réduire les gaz à effet de serre issus des déchets,

Le chômage, fatalité ou nécessité ?( Pierre Cahuc, André Zylberberg, et Olivier Blanchard)

septembre 2005      197 p. (indisponible; à consulter en bibliothèque)

      Chaque jour, en France, 10 000 emplois sont détruits... et 10 000 emplois sont créés. Ce phénomène surprenant bouleverse la manière de penser le chômage, mais aussi les politiques pour le combattre. Non, le chômage n'est pas une fatalité liée à la mondialisation et au capitalisme financier ; non, un bon salaire n'est pas toujours l'ennemi de l'emploi ; non, la législation sur les licenciements ne protège pas l'emploi ; non, il ne faut pas trop attendre de la formation professionnelle ; non, le travail ne se " partage " pas, car il se recompose par d'incessants mouvements de création et de destruction d'emplois. À ce titre, un certain taux de chômage est nécessaire à la croissance. Voilà ce qu'enseignent les recherches les plus récentes, fondées sur des enquêtes de terrain conduites en France et dans de nombreux pays. Il est urgent d'évaluer les résultats des politiques publiques d'emploi à la lumière de ces découvertes. Car le temps n'est pas encore venu de dire que l'on a " tout essayé " pour combattre le chômage. À sa première parution, en 2004, le livre a été salué par une critique unanime et a reçu le prix " Mutations et travail ", le " Prix européen du livre d'économie ", ainsi que le prix " Manpower de l'ouvrage de ressources humaines 2005 ".

                                Biographie des auteurs
     Pierre Cahuc est professeur d'économie à l'université Paris-I (Panthéon-Sorbonne), chargé de cours à l'École polytechnique et chercheur au Centre de recherche en économie et statistiques (CREST). André Zylberberg directeur de recherche au CNRS, est membre de l Équipe universitaire de recherche en économie quantitative (EUREQua) de l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne), où il enseigne l'économie.

   


Les journalistes français sont-ils si mauvais? (François DUFOUR)

janvier 2009     128 p.    9,90 €

    Chaque jour, en France, les pics d'audience dans les médias sont atteints grâce aux infos : les journaux du matin à la radio, les JT du soir, et les news sur internet.

    Dans le même temps, des journalistes accumulent les fautes (affaires Grégory, Baudis, d Outreau, drame inventé du RER D, faux sms de Nicolas à Cécilia, scoop raté du décès de Pascal Sevran, etc.).

    Les journalistes français sont-ils donc si mauvais ? La réponse dépasse largement ces (grosses) bourdes connues du grand public...

    En quatre chapitres, l ouvrage analyse les principaux travers de la presse française et les moyens d y remédier... 

                           Biographie de l'auteur
    François Dufour, journaliste autodidacte, est le cofondateur et le rédacteur en chef du Petit Quotidien, de Mon Quotidien et de l'Actu, et l'un des meilleurs connaisseurs de la presse étrangère. Il a coprésidé les Etats généraux de la presse écrite en 2009.


L'Empire et ses ennemis.La question impériale dans l'histoire (Henri LAURENS)

                                                       janvier 2009      244 p.     18 €

     Peut-on parler d'un " empire américain "? La France et la Grande-Bretagne doivent-elles se repentir de leur passé colonial ? Les Palestiniens des territoires occupés vivent-ils sous le joug d'un " néo-colonialisme" ? La question impériale ne cesse de travailler la conscience politique occidentale. Mais elle reste l'une des moins bien comprises de l'historiographie moderne. Ses formulations théoriques les plus abouties sont venues des adversaires de l'impérialisme. Or leurs critiques ont souvent manqué leur cible. Une étrange histoire parallèle des puissances impériales et de leurs dénonciations depuis le XIXe siècle montre une constante inadéquation entre les faits et les idées. Explorant ce long héritage de conquêtes et de dominations, de contestations et d'indépendances, Henry Laurens entreprend d'élucider cette histoire double - celle de l'empire et celle de ses ennemis - qui a largement façonné le monde dans lequel nous vivons.

                 Biographie de l'auteur
    Henry Laurens est historien, professeur au Collège de France. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont La Question de Palestine (3 volumes, Fayard, 1999, 2002 et 2007).

  


Faut-il croire les journalistes ? ( Edwy Plenel, Jean-François Kahn, et Serge July)

juin 2009    166 p.    13,50 €

     La grave crise économique qu'affronte notre presse se double d'un déficit d'image inquiétant. Les Français font de moins en moins confiance aux journalistes. Pourtant, jamais les médias ne semblent avoir été aussi libres, et jamais le public n'a été aussi avide d'informations. Les journalistes ont-ils démérité ?

    Qu'en pensent Jean-François Kahn, Serge July, Edwy Plenel ? Qui peut, mieux que ces trois grandes figures du journalisme français, répondre, à coeur ouvert, aux interrogations du public sur la fiabilité de la presse et son avenir, sur le métier de journaliste et les nouveaux défis de l'ère numérique ?


A Freetown, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone met fin à sa mission

     Au coeur d'une capitale mise à mal par onze années de guerre civile (1991-2002), les magistrats du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) s'apprêtent à boucler leurs valises. 

     Le 25 octobre, les juges ont rendu leur dernier jugement à Freetown contre trois chefs du Front révolutionnaire uni (RUF), "l'un des groupes rebelles les plus brutaux des temps modernes", affirme Joseph Kamara, le procureur. En plus de sept ans, le tribunal spécial, établi par l'ONU à la demande du gouvernement, a jugé huit hauts responsables de la guerre civile.

    Condamnés en appel à des peines de 25 à 52 ans de prison, les chefs du RUF, Issa Sesay, Morris Kallon et Augustine Gbao, ont été reconnus coupables de "crimes contre l'humanité" pour avoir transformé des gamins en soldats, massacré ou amputé des civils, pillé les mines de diamant, et forcé des filles à épouser des rebelles. Enlevées à leurs parents, souvent massacrés, elles étaient promises aux chefs de guerre en "cadeau" pour leur zèle au combat.

     Un témoin, protégé par le pseudonyme TF1-314, avait à peine 10 ans lorsqu'elle fut capturée et violée par plusieurs hommes. Enrôlée dans une "small girls unit", elle a été mariée à Scorpion, un petit chef rebelle. "J'étais dans sa maison et je devais tout faire pour lui. Je devais faire la cuisine, laver ses vêtements. Et lorsque la nuit tombait, je devais avoir des relations sexuelles", avait-elle raconté aux trois juges - un Sierra-Léonais et deux magistrats internationaux à la cour. Les tâches ménagères accomplies, elle était entraînée au maniement des armes.

 (Suite)

Si vous choisissiez une vie sans tabac

     Cette campagne de communication anti-tabac, développée dans les 27 Etats membres de lUnion européenne, porte sur les thèmes de la prévention, de la cessation et du tabagisme passif. HELP est considérée aujourdhui comme LA marque antitabac européenne.

    Une campagne contributive et participative

      Une démarche qui met en lumière, avec humour parfois, la grande volonté dont font preuve les européens pour vivre sans tabac

    Le concept 2009 2010 : « Quelle est ton astuce ? » : + de 600 astuces et conseils filmés et diffusés sur le site internet, help-eu.com.

    Une campagne média évaluée dans les 27 pays de  l'Union : étude IPSOS (post test) de la campagne 2009 : des résultats en forte progression.

    Après le succès de la campagne virale Nicomarket (récompensée par 9 prix), la Commission européenne choisit le mode « webserie» pour sensibiliser les jeunes européens aux méfaits du tabac en utilisant leurs codes et les grandes tendances du web : «HELPERS», une série animée participative qui développe des astuces assez radicales et toujours décalées.

                   Source : www.help-eu.com


Le grand truquage : Comment le gouvernement manipule les statistiques (Lorraine DATA)

 

mai 2009      180 p.     13 €

     Maîtriser l'information statistique a toujours constitué un enjeu pour les pouvoirs en place. Mais, depuis quelques années, la manipulation des chiffres s'est amplifiée. L'objectif du président de la République est désormais de contrôler au plus près l'information économique et sociale afin de justifier sa politique. Pour le collectif d'auteurs à l'origine de cet ouvrage, la coupe est pleine : travaillant au coeur des organismes chargés de produire les données statistiques servant notamment à évaluer les effets de l'action gouvernementale dans divers domaines - pouvoir d'achat, emploi, chômage, heures supplémentaires, lutte contre la pauvreté, école, immigration, délinquance...-, ils n'admettent pas ces manipulations des chiffres.

    Multipliant les exemples précis, ils mettent au jour les procédés utilisés par le gouvernement : publications sur des thèmes " sensibles " annulées ou reportées, sélection de chiffres censés flatter l'action présidentielle, modification des indicateurs rendant compte de l'action gouvernementale, dénigrement de la qualité des données de ses propres services lorsqu'elles ne lui sont pas favorables, voire démantèlement plus ou moins discret des organismes chargés de la statistique publique. La volonté collective des auteurs est de donner à tous les citoyens les clés leur permettant une lecture critique des informations concernant la nature et les résultats de la politique gouvernementale, afin de restaurer les conditions d'un réel débat démocratique. 

                         Biographie de l'auteur
    Lorraine Data est le pseudonyme d'un collectif de fonctionnaires issus de la statistique et de la recherche publiques, dont la plupart sont tenus à l'obligation de réserve.


La crise Je me marre !!! (Album) (GABS)

juin 2009     79 p.     12 €

     La crise est là et y'en aura pour tout le monde! Mais la faute à qui? Experts, analystes et financiers, ils avaient pourtant tout prévu, non? En attendant, la crise a bon dos; ça licencie à tout va d'un côté et ça "parachute doré" de l'autre. Heureusement, les mêmes qui nous ont mis dedans l'ont promis en grande pompe, plus jamais ça : on va moraliser, créer de nouvelles règles. Vive la crise donc, c'est l'occasion de changer, et surtout, pas de crise de confiance! Ce n'est pas le moment d'en rajouter, bien au contraire, gardons le moral et op-ti-mi-sons en attendant la sortie... de la crise!


Journée mondiale de l'alimentation: Nourrir la planète en 2050, un défi déjà d’actualité

La faim continue de progresser dans le monde. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) – qui organise, aujourd'hui vendredi 16 octobre, la Journée mondiale de l'alimentation sur le thème de la "sécurité alimentaire en temps de crise" –, la barre du milliard de personnes souffrant de sous-nutrition a été franchie en 2009.

Et ce phénomène risque de s'aggraver encore, notamment à cause de l'augmentation démographique. Selon les projections des Nations unies, le monde devrait compter 9,1 milliards d'habitants en 2050, contre 6,8 milliards aujourd'hui. Soit 34 % de bouches à nourrir de plus.

Pour anticiper ce choc, la FAO a réuni à Rome, les 12 et 13 octobre, près de trois cents universitaires, chercheurs ou responsables d'organisations non gouvernementales, à l'occasion d'un forum d'experts de haut niveau intitulé Comment nourrir le monde en 2050. Une question qui suscite un certain nombre de débats.

Quels aliments dans les assiettes en 2050 ?

L'évolution des comportements alimentaires aura un impact sur les besoins futurs en matières premières agricoles. "Sous l'effet des hausses de revenus et de l'urbanisation croissante des populations, l'ensemble des experts réunis à Rome s'accordaient sur le fait que les régimes alimentaires allaient évoluer", précise Hafez Ghanem, le sous-directeur général de la FAO chargé du département économique et social.

Si les céréales (blé, riz, maïs…) restent la principale composante des régimes alimentaires, la consommation de viande a tendance à croître fortement. Notamment dès qu'un pays voit son niveau de vie progresser. Entre 1970 et aujourd'hui, la consommation de viande est ainsi passée de 25 kg par personne et par an à 38 kg, sous l'impulsion d'abord des pays développés, mais aussi de la Chine et de certains pays d'Amérique du Sud.

Ces conversions à des régimes carnés accroissent encore les besoins en matières premières agricoles : en tenant compte de l'alimentation des bêtes, il est généralement admis qu'il faut 4 calories végétales pour produire 1 calorie animale dans le cas du porc ou du cochon ; un ratio qui monte à 11 calories végétales pour le bœuf ou le mouton.

Une étude prospective réalisée conjointement par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (Cirad), présentée le 7 octobre, estime que la planète serait capable de nourrir tous ses habitants en 2050, sans mettre en péril l'équilibre environnemental de la planète, en associant une réduction des gaspillages et une rupture des habitudes de consommation.

Les "disponibilités alimentaires" par habitant seraient alors ramenées à 3 000 calories par jour, dont 500 d'origine animale, contre environ 4 000 actuellement dans les pays développés, dont plus de 1 000 issues de la viande ou du poisson.

Augmentation des rendements ou hausse des surfaces cultivées?

La FAO, dans un rapport publié fin septembre, estime qu'il faudra augmenter de 70 % la production agricole de la planète pour répondre, en 2050, aux besoins alimentaires de tous ses habitants. Cela sans tenir compte de l'essor des agrocarburants, qui entraînera des besoins encore plus importants.

Pour y parvenir, deux solutions : améliorer les rendements des productions ou accroître les surfaces cultivées.

Aujourd'hui, environ 1,5 milliard d'hectares, soit environ 10 % des terres émergées, sont cultivés. Quelque 2,7 milliards d'hectares pourraient l'être également. Problème, comme le note la FAO : ces surfaces se situent pour la plupart en Amérique latine et en Afrique subsaharienne et ont "d'importantes fonctions écologiques".

L'agence des Nations unies préfère donc miser sur une intensification des modes de production, qui devrait permettre de couvrir, selon elle, 90 % des nouveaux besoins. Et ce même si la croissance des rendements a considérablement ralenti, ces dernières années, dans de nombreux pays. Pour les céréales, ce taux de croissance est ainsi passé, selon la FAO, de 3,2 % dans les années 1960 à 1,5 % dans les années 2000.

"Il y a encore des marges de manœuvre, car les écarts de rendement sont très importants entre les régions du monde, estime Bernard Bachelier, directeur de la Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde (FARM). Cela passe beaucoup par une meilleure gestion de l'eau, mais aussi par les nouvelles technologies ou l'amélioration génétique continue." Et de souligner l'importance des investissements de proximité à réaliser dans les pays du Sud, pour aider les petits paysans.

Des investissements qui n'ont pas cessé de diminuer depuis presque trente ans: alors même que 18 % de l'aide publique au développement était destinée à l'agriculture en 1980, cette part ne s'élève plus aujourd'hui qu'à 5 % environ.

Quels modèles d'échanges commerciaux ?

Le sujet est largement débattu actuellement, notamment en perspective de la reprise prochaine des négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en vue d'une nouvelle phase de libéralisation des échanges. Certains plaident pour davantage d'ouverture; d'autres mettent en avant la notion de "souveraineté alimentaire" d'un pays ou d'une région, et poussent à développer des cultures vivrières plutôt qu'exportatrices.

"Il est très probable que l'on aura encore un fort besoin d'échanges, avec des régions très importatrices et d'autres très exportatrices, estime Patrick Caron, un des directeurs scientifiques du Cirad. Mais, dès lors que l'on introduit les questions de sécurité alimentaire et d'environnement, revient la question de la régulation du marché."

La question de la sécurité alimentaire se pose dès à présent. La FAO y consacrera un sommet mondial du 16 au 18 novembre.

 


L'arme de la désinformation (Rémi KAUFFER).

19,70 €

                           L'Expansion
    Bienvenue sur manipulation.com
Espace de liberté virtuelle, Internet est aussi l'outil idéal des lobbys. Pour Rémi Kauffer, la désinformation y circule sans aucun contrôle.
    Les sémillants muscadins de la technologie avancée s'extasient volontiers devant les succès d'Internet. Ces indéfectibles aficionados des bases de données et du commerce planétaire électronique (les deux fonctions essentielles du Web) feraient bien de lire l'ouvrage de Rémi Kauffer. Car cette vaste toile - destinée surtout à capturer un maximum de consommateurs ébaubis - se mue souvent en dangereux piège à citoyens. Le réseau semble également promis à un bel avenir pour la gent trotte-menu des pourvoyeurs de désinformation bien ciblée.

    Un malheur n'arrivant jamais seul, Internet sert déjà à abriter de complexes campagnes de manipulation. Au point que le mensonge cybernétique organisé se répand dangereusement. Selon Kauffer, certains spécialistes évoquent déjà les conséquences dévastatrices de la MAO (menace assistée par ordinateur). Cette nouvelle forme de harcèlement psychologique utilise des principes expérimentés lors de la guerre froide. Seulement l'outil Internet leur donne désormais une puissance de feu autrefois inespérée. Parfait connaisseur du monde du renseignement, l'auteur démonte ces nouveaux coups tordus. Kauffer montre que l'utilisation d'Internet va bouleverser les techniques traditionnelles de la désinformation. Car les commanditaires de ces manoeuvres ont su se mettre au goût du jour. Ici encore, les Etats-Unis exercent une domination qui, elle, n'a rien de virtuel ! Le savoir-faire des Américains dans le cybermensonge s'affirme sans partage. Ils disposent déjà de plusieurs longueurs d'avance sur leurs cibles : relais d'opinion, consommateurs, partis politiques, groupes de pression, associations... et entreprises européennes.

    Par exemple, Kauffer décrit les rouages vicieux des procédés dont fut victime Total au moment de la construction de son gazoduc en Birmanie. Il explique aussi l'intoxication de masse menée contre l'Airbus A320 via une campagne sur Internet. D'abord par le truchement des forums de discussion (assaillis par des internautes anonymes, anti-A320 bien sûr, disposant de détails à faire pâlir des ingénieurs de vol) ; ensuite via les e-mails atterrissant dans les compagnies aériennes, ministères, agences de voyages... Comme le rappelle l'auteur, l'industrie aéronautique française (puis européenne) avait essuyé par le passé les tirs nourris et méthodiques des Boeing, Douglas et autres Lockheed. Des chausse-trapes finalement moins efficaces que les coups portés aujourd'hui à l'industrie pharmaceutique. Un secteur où la cocasserie des situations donne à l'ouvrage de Kauffer des allures plaisantes de polar. --Daniel Lacotte-- 

                      
                      Rémi Kauffer est un écrivain et un historien français.

    Il est spécialiste de l'histoire contemporaine et a écrit avec Roger Faligot de nombreux ouvrages sur les services secrets et les renseignements. Il est également journaliste (Figaro Magazine, Historia) et professeur à l'Institut d'études politiques de Paris et à l'École de guerre économique.

 (Suite)

Ce soir sur arte: déchet le cauchemar nucléaire

 

     La face cachée du nucléaire et son déficit démocratique à travers son point faible : les déchets radioactifs. Une vérité qui dérange.

    En pleine prise de conscience des menaces de réchauffement climatique, les industriels et certains politiques nous présentent l’énergie nucléaire comme la solution d’avenir, une énergie propre, maîtrisée, sans impact sur l’environnement et la santé. Parfois même, une énergie qui s’inscrit dans le « développement durable ». Mais l’énergie nucléaire est-elle aussi propre qu’on nous le dise.



    Entre les pro et les anti-nucléaires, le débat fait rage. Faut-il oui ou non relancer cette énergie que la plupart des pays européens avaient déjà décidé d’abandonner ? Au cœur des débats, la crainte des déchets nucléaires, partagée par tous. Car les déchets sont le point faible du nucléaire, son talon d’Achille, son pire cauchemar. Les populations en ont peur, les scientifiques ne trouvent pas de solution acceptable, les industriels tentent de nous rassurer et les politiques évitent le sujet. Pourtant, les quelques pays européens qui ont ouvert le débat sur la contamination des déchets (radioactifs pendant des milliers d’années), ont décidé de sortir progressivement du nucléaire. C’est le cas de l’Autriche, de la Suède, de la Belgique ou de l’Allemagne. Mais que connaissons-nous exactement ? Comment les populations peuvent-elles avoir une vision claire d’un domaine couvert depuis toujours par le secret ? Pourquoi ce déficit démocratique sur une question politique et environnementale majeure ? Nous partons en quête de « la vérité sur les déchets » en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Russie…



      Les scientifiques de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité) nous accompagnent sur les sites nucléaires. À l’aide des mesures et des prélèvements qu’ils effectuent sur le terrain, d’analyses et de rencontres avec des travailleurs du nucléaire et des opposants, nous tentons de répondre aux questions que tout le monde se pose.

  • Les déchets sont-ils dangereux ?
  • Comment sont-ils gérés depuis l’origine du nucléaire ?
  • Existe-t-il une solution pour les déchets ?


     Nous allons également à la rencontre des responsables politiques (Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, Robert Alvarez, ancien conseiller énergétique de l’administration Clinton) et industriels (Areva, EDF) pour tenter de résoudre d’autres interrogations.

  • Les populations sont-elles informées des dangers des déchets ?
  • Le nucléaire peut-il être démocratique ?
  • Qui détient réellement le pouvoir ?
  • Quels sont les vrais enjeux politiques et industriels ?
  • Les déchets menacent-ils l’avenir du nucléaire ?


     En partant à la quête de « la vérité sur les déchets », nous abordons le sujet tabou du nucléaire par sa zone la plus sombre. Ce film a l’ambition de donner enfin à chacun les clefs pour comprendre des choix qui pèsent lourd dans l’avenir de l’humanité.

Amazonie : quatre géants de l'élevage brésilien s'engagent contre la déforestation

    Quatre des plus importants acteurs brésiliens du secteur mondial de l'industrie de l'élevage, JBS-Friboi, Bertin, Minerva et Marfrig, se sont engagés à ne plus se fournir auprès d'élevages établis sur des forêts dévastées de l'Amazonie brésilienne. Il s'agit d'une grande victoire dans la lutte contre la déforestation dont se félicite l'association écologiste Greenpeace.

    L'engagement de ces quatre grands groupes de l'industrie de la viande et du cuir fait suite à l'appel "Zéro déforestation" lancé par Greenpeace. En juin dernier, l'association avait publié un rapport alarmant sur "le massacre de l'Amazonie" mettant en évidence le lien entre la destruction de la forêt amazonienne et le développement trop important de l'élevage dans la région. L'étude concluait que l'élevage était responsable de 80% de cette déforestation.

    Greenpeace avait alors dénoncé les agissements de grands groupes internationaux tels que Adidas, Nike et Timberland pour les marques textiles, mais aussi des distributeurs comme Carrefour ou Wal-Mart. De nombreux groupes se sont alors engagés en annulant leurs contrats avec des fournisseurs incapables de garantir que leurs productions ne participent pas à la destruction de la forêt amazonienne.

    L'engagement de ces quatre géants du secteur mondial de l'industrie de l'élevage constitue "une étape très importante dans le combat pour stopper la destruction d'une des plus importantes forêts tropicales de la planète, et un pas pour stopper les changements climatiques, dont la déforestation représente 20%" estime Grégoire Lejonc, chargé de campagne Forêts pour Greenpeace France. Et d'ajouter que l'association sera extrêmement vigilante quant au respect de cet engagement.

     "Le gouvernement brésilien et la communauté internationale doivent maintenant s'engager à atteindre "Zéro déforestation" d'ici 2015, car éradiquer la déforestation est indispensable pour enrayer la crise climatique" souligne Greenpeace.

La Guerre contre le terrorisme. Dérives sécuritaires et dilemme démocratique (Colombe CAMUS)

 

octobre 2007   151 p.   5,40 €

    Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis et ceux de Madrid en 2004 et de Londres en 2005, la lutte contre le terrorisme est au cœur des préoccupations sécuritaires des démocraties occidentales. Mais la figure indéterminée du terrorisme pose un défi de taille aux États libéraux : comment penser et rendre opérationnelle une réponse qui ne soit ni inadaptée ni disproportionnée ? Une réponse efficace qui n'impose pas de sacrifier les libertés individuelles au nom de la sécurité de tous ? Aux Etats-Unis, la politique antiterroriste menée par l'administration Bush a entraîné une mise sous tutelle sans précédent des libertés publiques sur le territoire (USA Patriot Act, Homeland Security). Avec le déclenchement de la " Guerre contre le terrorisme " et des opérations militaires en Afghanistan puis en Irak, le domaine de la lutte a franchi les frontières américaines et a vu la mise en place d'un véritable état d'exception international : camp de Guantanamo, torture sur des prisonniers irakiens à Abou Ghraib, transferts extrajudiciaires de " terroristes ", prisons secrètes... En plaidant pour un durcissement des législations et un renforcement de la coopération internationale contre le terrorisme, l'Union européenne s'aligne-t-elle sur les Etats-Unis ou répond-elle à des logiques et des valeurs plus respectueuses des droits de l'homme ? Le dispositif antiterroriste français, considéré par de nombreux pays comme un modèle d'efficacité, échappe-t-il aux dérives sécuritaires ?

                           Biographie de l'auteur

      L'auteur, Colombe Camus, est chercheuse associée au Centre d'études sur les conflits et secrétaire de rédaction de la revue International Political Sociology (CERI-Sciences Po). Diplômée en sciences politiques et en relations internationales, elle a participé aux campagnes d'Amnesty International en France et au Canada.

    Le préfacier, Pascal Boniface, est directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et enseigne à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-VIII. Il dirige La Revue internationale et stratégique et L'Année stratégique, et est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages.

 (Suite)

Le syndrome du titanic

 

    " Ce film est davantage un appel à la raison et un acte politique qu'un documentaire sur la crise écologique. D'ailleurs, la "belle nature sauvage" est la grande absente..." (Nicolas Hulot)

http://www.lesyndromedutitanic.com/

     Le titre était déjà celui d'un livre de Nicolas Hulot paru en 2004, qui rappelait l'attitude des passagers du célèbre paquebot dansant et festoyant sans réaliser l'imminente percussion fatale contre un iceberg qui déclenchera leur naufrage. "Le scepticisme que j'observe chez certains à l'égard du changement climatique revient à naviguer avec un bandeau sur les yeux par temps de brouillard, à fond les manettes dans une mer parsemée d'icebergs" ajoute aujourd'hui le photo-reporter, producteur d'Ushuaïa, créateur d'une Fondation pour la Nature et l'Homme, et initiateur en 2006 d'un Pacte écologique proposé aux candidats à l'élection présidentielle. Il co-signe ce film avec Jean-Albert Lièvre, documentariste engagé dans le même combat, qui signa Citoyens de la terre, film d'ouverture de la Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale.

 (Suite)

La mal info : Enquête sur des consommateurs de médias (Denis MUZET)

2007      140 p.    7 €

     Ce livre analyse la façon dont les Français consomment l'information. Il montre comment
l'individu cherche aujourd'hui à s'informer, moins pour comprendre le monde que pour calmer
une peur permanente. A l'heure des médias omniprésents, le " médiaconsommateur " absorbe les nouvelles au plus vite et au plus simple. Nous sommes entrés dans l'ère de la " mal info ".

                                    Biographie de l'auteur
     Denis Muzet, sociologue, dirige l'institut Médiascopie ainsi que l'Observatoire du débat public. Il enseigne au département de science politique de Paris-1-Sorbonne et vient de publier, à l'Aube, La Croyance et la Conviction. Les nouvelles armes du politique.


Faites un geste pour la planète

 Choisissez un défi pour faire un geste,

vous aiderez à remettre le monde en ordre.

 

http://ourworld-yourmove.org/indexV10.html#/fr/intro/

 


Le nouveau rapport de la CIA : Comment sera le monde en 2025 ? (collectif)

                                                           février 2009    298 p.    17,00 €

    Terrorisme en retrait, glissement du pouvoir économique de l'Occident à l'Orient, pénurie d'eau, déclin des ressources en hydrocarbures, nouvelles technologies. Dans la lignée du précédent Rapport de la CIA (Robert Laffont, 2005), un document inédit réunissant plusieurs hypothèses qui ne manqueront pas de faire parler, et dans lequel, surtout, pour la première fois, les Américains reconnaissent qu'ils ne seront plus les maîtres du monde ! Dans sa présentation, Alexandre Adler explore, en lever de rideau, les plus grands dangers géopolitiques actuels et suggère quelques moyens de les prévenir, pendant qu'il en est encore temps.


La Baie de la honte - The Cove -

 

Après s'être fait connaître dans les années 60 par la série Flipper, l'ex-dresseur de dauphins Ric O'Barry est aujourd'hui un défenseur acharné des cétacés. A Taiji, au Japon, il se mobilise contre le massacre de plusieurs milliers de dauphins par an, perpétré à l'abri des regards.
Avec l'équipe de l'Oceanic Preservation Society, O'Barry entreprend de révéler la vérité sur Taiji au monde entier. Malgré l'hostilité de la police locale et des pêcheurs, O'Barry et ses complices réunissent une équipe de choc : cadreurs et preneurs de sons sous-marins, spécialistes d'effets spéciaux, océanographes et plongeurs en apnée réputés se lancent dans une opération secrète destinée à rapporter des images de la petite baie isolée...

Site officiel

 


Vers la 4e guerre mondiale (Pascal BONIFACE)

 

mai 2009    208 p.   18 €

     En 2005, Pascal Boniface s'interrogeait sur cette 4e Guerre mondiale.
Véritable guerre à mort contre le terrorisme planétaire que les néoconservateurs américains entendaient mener, au nom du monde civilisé, réuni sous leur bannière.
     Quatre ans après, le recadrage proposé par Pascal Boniface a montré toute sa pertinence et justifie qu'on s'y intéresse à nouveau dans cette édition mise à jour.
    Le Proche-Orient est plus dangereux et instable que jamais. Le fossé entre le monde occidental et le monde musulman s'est creusé.
    L'avenir de la sécurité internationale se joue toujours dans le conflit israélo-palestinien, dans cette zone devenue l'épicentre d'un éventuel choc des civilisations. Or rien n'est inéluctable. Il est encore temps d' arrêter l'engrenage qui menace de conduire le monde à la ruine.
    Un temps, l'élection de Barack Obama a redonné espoir au monde entier. Mais le nouveau président américain pourra-t-il résister au choc de la guerre de Gaza et réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué ?

                                      Biographie de l'auteur
    Pascal BONIFACE est directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris, iris-france.org) et enseignant à l'institut d études européennes (Université Paris 8).


La fécondité baisse chez les riches comme chez les pauvres

    Chute de la fécondité, urbanisation croissante : comme dans d'autres pays du monde, ces tendances, au cours des trente dernières années, ont été très actives dans les pays du Maghreb. Plus étonnant : comme le souligne une étude publiée, mardi 22 septembre, par l'Institut national d'études démographiques (INED), elles ont donné lieu à une évolution à peu près similaire en Algérie (35 millions d'habitants en 2008), au Maroc (31 millions) et en Tunisie (10 millions). Un constat à première vue paradoxal, puisque ces trois pays n'en sont pas au même stade de développement économique.
 (Suite)

Amérindiens, Inuits, Métis : le signal d’alarme

Au Canada, la situation des enfants autochtones est très préoccupante. Santé, mortalité infantile, grossesses précoces… Ces enfants sont beaucoup plus vulnérables que les autres petits Canadiens. Y compris face à la grippe A.

Un enfant amérindien sur quatre vit dans la pauvreté au Canada. Contre un sur neuf dans le reste de la population. Et la mortalité infantile est deux à trois fois plus importante au sein des communautés autochtones. Des chiffres très inquiétants.


Dans un récent rapport, l’Unicef Canada tire donc le signal d’alarme. Malgré des progrès observés dans presque tous les aspects de la santé, le taux de vaccination des enfants amérindiens vivant dans les réserves est ainsi inférieur de 20% à celui de la population générale. Et 33 à 45% des enfants amérindiens ou inuits souffrent de maladies chroniques. Le taux de fécondité des adolescentes amérindiennes est sept fois plus élevé que dans le reste de la population.


Des disparités inadmissibles


Il y a 20 ans, le Canada a signé la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide). Pourtant, tous les enfants canadiens n’accèdent pas encore aux mêmes soins et services. L’Unicef Canada entend bien se battre contre ces disparités.


Pourquoi ces enfants amérindiens, inuits et métis sont-ils ainsi désavantagés ? L’Unicef Canada pointe plusieurs causes à ces disparités : pauvreté, manque d’éducation, logements inadéquats mais aussi mauvaise nutrition, manque d’accès aux soins et services de santé.
Il faut développer soins, services pour les populations autochtones, qui comptent 1,2 millions de personnes sur la population totale de 33,5 millions de Canadiens.


Epidémie de grippe A chez les autochtones


Ces disparités ont des conséquences dramatiques sur la santé des jeunes amérindiens, inuits et métis. Des conséquences parfois très actuelles. L'Assemblée des Premières Nations (APN), principale organisation amérindienne, souligne que les populations autochtones sont très vulnérables au virus A(H1N1) de la grippe porcine. « Le rapport de l’Unicef montre que les inégalités en matière de soins ajoutées aux mauvaises conditions sociales dans nombre de nos communautés contribuent à un moins bon bilan sanitaire, même en temps normal, souligne Phil Fontaine, chef de l'APN. C'est pour cela que les Premières nations sont particulièrement vulnérables au H1N1. »


Cosmétique : moins de tests toxicologiques sur les animaux

   La commission européenne et l'industrie cosmétique vont débloquer chacune 25 millions d'euros afin de trouver d'autres moyens que le recours aux animaux pour évaluer l'innocuité de produits cosmétiques. Une demande soutenue par de nombreuses ONG.

   À Rome, lundi, lors du septième congrès mondial sur les alternatives à l'utilisation des animaux en sciences de la vie, Bruxelles et le Colipa (association européenne de l'industrie cosmétique) ont en effet annoncé un appel à projets destinés à la mise au point d'essais d'innocuité plus rapides et plus économiques que les expérimentations animales. L'appel à propositions porte sur les dispositifs de simulation d'organes et l'utilisation de cellules cibles. Seules les propositions n'impliquant pas d'essais sur les animaux vivants seront admissibles.

                      Une querelle de chiffres

     La Commission et le Colipa veulent limiter les études de «toxicité systémique à doses répétées» tout en garantissant la sécurité des produits cosmétiques. Un long combat. «Le dernier chiffre datant de 2005 démontre qu'environ 12 millions d'animaux étaient alors utilisés à des fins expérimentales dans l'Union européenne chaque année, explique une porte-parole de la Commission européenne. Notre objectif est d'en réduire le nombre, mais nous ne savons pas encore dans quelles proportions.» Ce projet entre dans le cadre du programme européen Reach (enregistrement évaluation, autorisation et restriction relatifs aux substances chimiques, NDLR) qui prévoit que le nombre d'animaux utilisés soit ramené à un très faible niveau (non chiffré) lors de la prochaine décennie dans l'Union européenne.

    L'annonce de la Commission survient au moment où la revue Nature estime que cette baisse espérée dans de fortes proportions ne serait pas réalisable, car trop de substances seraient à ­analyser.

   Pour se défendre, la Commission européenne met en avant les travaux de l'agence européenne pour les produits chimiques (ECHA). Selon elle, le nombre de substances à analyser serait sensiblement moindre que celui avancé par la revue scientifique : 30 000 contre 140 000.


Urbanisation anarchique et érosion, deux défis pour le littoral roumain

Les soirées de Vama Veche, petit village situé au bord de la mer Noire, à l'extrême sud du littoral roumain, sont devenues un must pour la première génération post-Ceausescu. Le caractère sauvage de la côte et le sentiment d'être au bout du monde attirent les amateurs de nudisme et de musiques alternatives. Le festival de musique Folk You, qui a lieu chaque été, plonge le village dans une ambiance bobo-chic. "Il faut goûter à la folie de Vama Veche pour comprendre, on vit ici quelque chose qui est au-delà des mots", s'enthousiasme Alin Cretoiu, un jeune informaticien.

A l'autre extrémité du littoral, Mamaïa est fière de ses hôtels de luxe qui attirent les nouveaux riches. Les voitures allemandes dernier cri sillonnent la petite station, passage obligé pour les Roumains désireux d'afficher leur fortune. "Mamaïa est devenue aussi chère que la Côte d'Azur", affirme Manole Vistieru, chargé d'une agence de tourisme.

Entre ces deux extrêmes, les 82 kilomètres de littoral roumain s'efforcent de renaître de leurs cendres. En partie défigurés par les projets touristiques mégalomanes de l'ère du président Nicolae Ceausescu, ils n'ont pas échappé à la fièvre immobilière provoquée par le passage à un capitalisme débridé. Aujourd'hui, malgré l'engouement des investisseurs, le littoral de la mer Noire peine encore à trouver son style. L'architecture des nouvelles maisons, qui poussent comme des champignons, est très... éclectique.

Ce n'est qu'en 2000, lorsque la Roumanie a entamé les négociations d'adhésion à l'Union européenne, que le secteur immobilier s'est vu contraint d'intégrer les normes européennes du bâtiment. Certains, comme Marius Cojocariu, ont sauté sur l'occasion et tenté de jouer la carte de la qualité.

Cet ancien officier a quitté la police des frontières pour se reconvertir dans le tourisme. Sur son terrain de 2 000 m2 faisant face à la plage, à proximité de Vama Veche, il a construit un gîte dont le jardin soigné et la pelouse donnant sur la mer font le délice des touristes exigeants. "Je n'avais pas beaucoup d'argent, j'ai tout fait moi-même, témoigne-t-il. J'ai compris qu'il fallait offrir des services de qualité à des prix raisonnables pour fidéliser les touristes. Mes premiers clients allemands m'ont fait savoir qu'ils avaient besoin d'au moins deux serviettes dans la salle de bains." L'entrepreneur autodidacte a gagné son pari : chaque été, son gîte affiche complet.

Malgré la crise, les prix restent élevés. Des terrains, qui valaient seulement quelques euros du mètre carré en 2000, se vendent aujourd'hui environ cinquante euros le mètre carré. "Les ventes ont été ralenties par la crise économique, mais on a toujours des demandes, affirme Luminita Tudor, responsable d'une agence immobilière. Certains signes indiquent qu'à l'automne, le marché immobilier du littoral va reprendre. Je conseille à mes clients d'acheter maintenant, tant que les prix sont encore bas, car ils vont remonter."

Réaménager les plages

La région est confrontée à un autre défi : la construction désordonnée de digues à l'époque communiste a accéléré l'érosion de la côte. La mer avance doucement et grignote les plages, un phénomène accentué par le changement climatique et la montée du niveau de la mer. Selon les spécialistes, plusieurs dizaines d'hectares de côte disparaissent tous les ans.

En 2003, le gouvernement roumain a sollicité l'aide de l'Agence japonaise de coopération internationale afin d'élaborer un plan de sauvetage de la côte. "Il faudrait consolider 7 kilomètres de digues existantes et construire 4 kilomètres de digues nouvelles sous la mer pour arrêter l'écoulement du sable, affirme Adrian Stanica, de l'Institut national de géologie marine. Nous devons trouver 3 millions de m3 de sable pour réaménager les plages. La meilleure solution est d'aller les prendre dans le delta du Danube."

Le projet, dont le coût est estimé à plusieurs centaines de millions d'euros, devrait s'étendre sur vingt ans. Le temps, pour le littoral roumain, de trouver le bon équilibre entre espaces naturels et zones urbanisées.


91 pays s'accordent pour lutter contre la pêche illicite

L'Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) a annoncé mardi que 91 pays se sont accordés sur un projet de traité visant à lutter contre la pêche illicite. Ce texte devrait prochainement être ouvert à signature.

Ce traité doit interdire l'accès aux ports aux navires pratiquant la pêche illégale. Il s'agit du premier traité qui porte spécifiquement sur ce problème et d'après la FAO, "il devrait permettre d'endiguer l'entrée sur les marchés internationaux de poisson capturé illégalement, dissuadant ainsi les pêcheurs peu scrupuleux".L'accord prévoit la mise en place de mesures visant à renforcer les contrôles dans les ports telles qu'un système d'autorisation préalable pour les navires étrangers ou le développement d'un réseau permettant aux États de partager leurs informations sur les bateaux qui se livrent à la pêche illégale. Des inspections régulières pourront être réalisées par des agents formés par les pays signataires du traité et une clause du texte prévoit qu'une aide soit accordée aux pays en voie de développement qui n'ont pas les moyens financiers de respecter les obligations du traité.Si ces mesures ne devront être obligatoirement appliquées qu'aux bateaux battant un pavillon étranger, la FAO précise que chaque État pourra les appliquer à ses propres flottes de pêche.Le traité sera ouvert à signature après avoir été examiné fin septembre par le Conseil de la FAO puis par la Conférence de la FAO prévue en novembre. Pour entrer en vigueur, le texte devra être signé par au moins 25 pays.


Hausse des mers de plus d'un mètre d'ici 2100

La hausse du niveau des mers du globe pourrait être supérieure à un mètre d'ici 2100 en raison de l'impact de la fonte de l'Arctique sur le climat mondial, prévient le Fonds mondial pour la nature (WWF).

Cette projection est plus alarmiste que celle des experts des Nations unies, qui tablaient en 2007 sur une hausse de 18 à 59 centimètres.

Elle prend en compte l'impact de la disparition d'une partie de la calotte glaciaire au Groenland et dans l'Antarctique occidentale.

Le WWF prévient que la montée du niveau des mers risque de provoquer des inondations dans les régions côtières, susceptibles d'affecter environ le quart de la population mondiale.

"Si nous laissons l'Arctique trop se réchauffer, il est peu probable que nous soyons en mesure d'en contrôler les conséquences", déclare Martin Sommerkorn, conseiller du programme du WWF pour l'Arctique, dans un communiqué.

"Il faut d'urgence ralentir les émissions de gaz à effet de serre tant que nous le pouvons encore", ajoute-t-il.

La fonte spectaculaire des glaces résultant du réchauffement de l'Arctique, qui est presque deux fois supérieur au reste de la planète, aura des conséquences sur les conditions météorologiques bien au-delà des pôles, prévient le WWF.

L'Europe et l'Amérique du Nord pourraient connaître par exemple des hivers inhabituellement rigoureux, à l'inverse du Groenland, où ils seront plus tempérés.

De plus, le réchauffement de l'Arctique pourrait devenir en soi le moteur d'un réchauffement global plus intense.

Les sols gelés de la région renferment en effet deux fois plus de gaz à effet de serre que dans l'atmosphère et leur fonte accélérée risque de libérer des taux importants de dioxyde de carbone ou de méthane.

Les niveaux de méthane ont déjà augmenté ces deux dernières années, probablement en raison du réchauffement de la toundra arctique.

Le WWF exhorte les dirigeants du monde à se mettre d'accord sur des baisses rapides et drastiques des émissions de gaz à effet de serre à l'occasion du sommet de Copenhague sur le climat en décembre.


Richesse du monde, pauvreté des nations (Daniel COHEN)

1999    176 p.   7 €

     La montée du chômage et des inégalités dans les pays occidentaux est souvent attribuée à la mondialisation. L'enrichissement de certains pays en développement provoquerait inéluctablement l'appauvrissement des travailleurs les moins qualifiés des pays riches. Daniel Cohen s'inscrit en faux contre cette interprétation. Les mutations économiques et sociales que connaissent nos sociétés sont surtout d'origine interne. Elles sont dues à la révolution informatique et non pas aux échanges, encore faibles avec les pays pauvres. L'auteur en conclut qu'il ne faut pas chercher à affaiblir l'État providence pour espérer concurrencer les pays bénéficiant de coûts salariaux plus faibles. De même, le recours au protectionnisme freinerait le processus de développement. C'est le contrat social qu'il faut repenser en adaptant la politique de redistribution au nouveau contexte économique et technologique.

     Professeur de sciences économiques à l'École normale supérieure et à l'université de Paris I, Daniel Cohen propose ici une analyse éclairante des enjeux de la mondialisation et de la troisième révolution industrielle. --Gery Dumoulin

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Un représentant du gouvernement botswanais admet que "les Bushmen ont été expulsés pour les diamants"

Dans un livre publié ce mois-ci, un haut fonctionnaire du gouvernement botswanais a reconnu que les Bushmen du Kalahari ont été expulsés de leurs terres pour faire place à l'exploitation diamantifère.

Le représentant, "employé haut placé du gouvernement" au moment des expulsions des Bushmen de la Réserve de gibier du Kalahari central en 2002, a déclaré à l'auteur américain James G. Workman:

"J'ai vu les plans; J'ai regardé les projets. Ne citez pas mon nom s'il vous plaît sinon j'aurais des ennuis. Mais la coupure d'eau est bien entendu liée aux diamants. Elle y est même entièrement liée."

Le gouvernement botswanais a démantelé les indispensables réservoirs d'eau des Bushmen quand il les a explusés, et a vidé leur contenu dans le sable. Il a persisté à nier la relation entre les gisements de diamants et les expulsions, bien que Survival International et d'autres organisations soutiennent depuis longtemps le contraire.

Le projet d'exploitation sur le territoire des Bushmen a été suspendu en début d'année en raison de la récession mondiale. Le gisement de diamants dans la réserve appartenait auparavant à De Beers qui l'a vendu à la compagnie Gem Diamonds peu après le verdict de la Haute Cour du Botswana qui, en 2006, avait jugé les expulsions des Bushmen illégales. En 2007, Gem Diamonds avait évalué le gisement à un montant d'une valeur de 2,2 milliards de dollars et avait annoncé son intention de commencer les activités minières au plus vite.

Depuis leur victoire judiciaire, beaucoup de Bushmen sont retournés dans la Réserve du Kalahari mais le gouvernement continue à leur interdire l'accès à l'eau; ils ont entamé de nouvelles procédures judiciaires pour faire respecter leur droit.

Le livre "Heart of Dryness" de James G. Workman examine la campagne du gouvernement botswanais pour expulser les Bushmen en utilisant l'eau comme une arme.

Pour plus d'informations sur le livre (en anglais) ou pour l'acheter : www.heartofdryness.com

Quand l'élite mondiale imagine l'avenir

  Oxford. Uns soixantaine de chercheurs a présenté des innovations qui pourront peut-être changer la planète. Récit du « Brain Storming » de l'année.

Fin juillet, la ville universitaire d'Oxford, temple de l'excellence à l'anglaise, fut prise d'assaut par 800 passionnés d'innovation et de découverte. Ils étaient venus des quatre coins de l'Europe et des États-Unis pour assister à TEDGlobal, l'édition européenne de la très prisée TED Conference (pour Technology Entertainement and Design). Créée il y a 25 ans en Californie, la conférence TED est la Mecque des idées qui peuvent changer le monde. Souvent comparée à Davos pour son audience de stars des affaires et d'entrepreneurs des médias, la conférence ressemble davantage à un Woodstock du Cogito. Les TEDsters - les participants à la conférence - ne paient pas 4 000 dollars de frais d'inscription pour s'y montrer ni s'autocongratuler. Mais pour se ressourcer auprès des cerveaux les plus brillants de la planète. Sur la scène du Playhouse Theater plein à craquer, Prix Nobel de physique et étudiants, magnats de l'Internet et artistes en herbe ont partagé visions de l'avenir et projets fous. Si la technologie et les sciences constituèrent le socle du programme - plus de 64 interventions de 18 minutes maximum chacune - c'est surtout leurs impacts sur la société qui furent décryptés. Ainsi Evgeny Morozov, Biélorusse de 25 ans, blogueur, spécialiste de cybercriminalité, a démonté le mythe de l'Internet facteur de démocratisation : en Chine comme en Iran récemment, Twitter et Facebook sont les meilleures alliées des pouvoirs autoritaires. Ils s'en servent pour décrédibiliser, surveiller et arrêter les opposants. Parmi les avant-premières (comme l'électricité sans fil d'Eric Giler, l'avion solaire de Bertrand Piccard), les technologies utiles aux plus démunis enthousiasmèrent l'auditoire : la gourde purificatrice de Michael Pritchard transforme une flaque en eau potable ; les lunettes de vue autoajustables de Joshua Silver permettent aux myopes des pays en développement de régler eux-mêmes leur correction et de se passer d'ophtalmologiste, trop chers et trop rares dans leurs contrées ; la seringue à usage unique de Marc Koska se casse après la première utilisation, permettant ainsi de limiter la transmission du HIV. Signe des temps, en matière de discours et d'innovation, le concept de résilience collective - comment aider les populations à résister aux crises et à devenir plus capables et autonomes - l'a emporté sur celui de performance individuelle.

                      Une dune verte pour arrêter le désert

    «Comment sauver notre monde» fut bien le fil rouge de l'édition. Magnus Larsson, étudiant en architecture, veut stopper la désertification. «Elle est trop lente pour attirer l'attention des médias. Pourtant, un tiers des terres arables vont disparaître d'ici à la fin du siècle à cause de la progression des déserts.» D'après lui, seuls des arbres et des plantes peuvent filtrer le vent, le débarrasser des grains de sable et ainsi stopper la désertification. Son idée ? L'édification, par la nature elle-même, de murs végétaux à la limite des déserts. Ceux-ci reposeraient sur des structures en dur, créées organiquement par le Bacillus pasteurii, un micro-organisme qui transforme en 24 heures le sable en roche compacte. Au-dessus de cette structure, on ferait pousser arbustes et plantes. À l'intérieur, on y vivrait, un peu à la manière de troglodytes. Son projet, primé par Holcim, est en cours d'évaluation financière. Magnus Larsson veut faire un test grandeur nature, avec une dune verte de 6 000 kilomètres traversant l'Afrique, de la Mauritanie à Djibouti.

    La biologiste américaine Janine Benyus débarqua sur scène avec des photos qui semblaient tirées du film Microcosmos. Selon elle, l'avenir de l'innovation est là : dans le détail d'une forme de feuille (elle excelle à la captation de l'énergie solaire) ou d'une nageoire de baleine bleue (légèrement dentée, elle décuple la force déployée). «La nature a déjà résolu tous nos problèmes d'organisation sociale mais aussi de procédés techniques. Nous sommes entourés de génies.» Janine Benyus est la papesse du biomimétisme (qui prend la nature comme bible du progrès technique), le gourou des industriels et des architectes.

    Invité surprise de TEDGlobal, Gordon Brown est intervenu seul, entre le comédien Stephen Fry et la performance de Matthew White, un virtuose d'une forme rare du trombone, âgé de 18 ans. Le premier ministre a eu droit aux 18 minutes réglementaires, sans prompteur ni note. Sur les images d'Hiroshima ou du Biafra, il a lancé un appel à l'émergence d'une conscience collective globale, fondée sur une éthique de la responsabilité, seule capable de nous permettre de résoudre les maux de notre monde (pauvreté, changement climatique, santé, économie). Il a fustigé le FMI, la Banque mondiale, l'ONU et appelé à l'avènement d'une citoyenneté mondiale. «L'identité nationale, le protectionnisme sont des excuses pour ne rien faire (…).» Sortant de son flegme habituel il a ponctué son appel solennel de quelques blagues inattendues sur l'impuissance des politiques et l'impérialisme américain : «Reagan s'apprête à recevoir un ministre suédois. Le président des États-Unis demande à son conseiller si son invité est communiste. Son conseiller répond : “Non, Monsieur, c'est même un anticommuniste”.» Alors Reagan s'énerve : «Je me fiche de savoir de quel type de communisme il est.» Si, parmi les Britanniques, son intervention a fait grincer des dents, la salle, tout acquise à la cause, lui a réservé une standing ovation prolongée.

                               Grand banquet de la pensée

    À TED, l'émotion fait partie du programme. Fêtes et performances artistiques dégourdissent les jambes et ouvrent les cœurs. Imogen Heap, la diva électro, a dépoussiéré les moulures de l'Oxford Playhouse avec sa voix intergalactique et sa boîte à musique tombée d'une soucoupe volante. Will Wigam, microsculpteur (ses œuvres posées sur des têtes de clou se mesurent en millimètres), ancien dyslexique, a expliqué comment il travaillait : entre deux pulsations cardiaques. Emmanuel Jal, enfant soldat soudanais devenu rappeur, a raconté sa rencontre, dans un camp de réfugiés, avec une jeune humanitaire anglaise. En l'extirpant du chaos et en le plaçant dans une école, elle l'a libéré de la haine de l'autre. Il lui a rendu hommage en chantant, devant un clip intercalant images de kalachnikovs tenues par des mains frêles, scènes de villages soudanais massacrés et sourires tendres de cette maman d'adoption, disparue dans des conditions obscures. «Je sais ce que l'éducation peut faire sur des types comme moi : arrêtez de nous envoyer de l'argent ; donnez-nous des outils, aidez-nous à nous éduquer.» L'audience dansait en cachant ses larmes. Extase, dépassement de soi ou combat contre l'ignorance, à la conférence TED, l'art aussi a ses raisons.

    Ancien journaliste italo-suisse, polyglotte globe-trotteur des idées, Bruno Giussani a orchestré cette édition européenne de la Conférence TED. Il a su tirer le meilleur parti du lieu, de son histoire et de sa formidable puissance créatrice. La ville d'Oxford transpire l'exigence et l'illumination. C'est ici que JRR Tolkien imagina son monde du Seigneur des anneaux, que Oscar Wilde écrivit Le Portrait de Dorian Gray et que Thom Yorke, le chanteur de Radiohead, naquit. N'en déplaise aux jardins de roses parfaitement alignées, cette capitale universitaire a toujours aimé bousculer l'ordre établi. Chaque soir d'ailleurs, après huit heures d'interventions étonnantes, décalées et parfois franchement inaccessibles (l'informatique quantique ? La spectroscopie - analyse des rayonnements électromagnétiques dans l'Univers ? La taille des trous noirs ?), les TEDsters refaisaient le monde jusqu'à 4 heures du matin dans les dortoirs du Kebble College, énorme bâti datant de la Réforme, temple du classicisme et de l'ascétisme anglais. Habitués au confort des palaces, ils s'endormaient, repus de savoir, dans des chambres d'étudiants aux murs jaunis par le temps. Puis leurs conversations reprenaient autour des inévitables œufs bacon servis sur d'immenses tables communales en bois, sous la voûte majestueuse du Dining Hall. Dehors, il pleuvait des cordes. Mais loin de leur bureau et de leurs BlackBerry chargés de résultats en berne, ils semblaient survoltés par ce bain de lumière, de questions et cette atmosphère des possibles.

    Les quatre jours de ce grand banquet de la pensée se terminèrent par un pique-nique au bord d'une rivière. Les TEDsters échangèrent leurs dernières cartes de visite autour d'un verre de vin blanc bien frais. Le soleil était enfin de la partie. Imogen Heap fit ses gammes en plongeant ses longs pieds blancs dans l'eau saumâtre. Une cantatrice fellinienne égraina les airs d'opéra sur une gondole, conduite par Jeff Bezos, paisible. Casquette vissée sur la calvitie et téléphone portable à la ceinture de son jean de quadra en goguette, le fondateur d'Amazon, l'un des plus gros sites de «e-commerce» au monde, est au premier rang de toutes les Conférences TED.

    Discutant maux et richesses de notre monde, génies et misères de l'homme, sur Internet (les interventions sont accessibles, gratuitement et dans toutes les langues sur le site TED.com) comme lors de ses conférences, TED est l'endroit où il faut être pour apprendre, comprendre et lancer des projets. C'est le grand Salon, universel, multilingue et ouvert 24 heures sur 24, du XXIe siècle. Gordon Brown, qui y a annoncé sa future carrière de sauveur de l'humanité, ne s'y est pas trompé.