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Vers un monde plus juste

Les stratégies absurdes : Comment faire pire en croyant faire mieux Maya BEAUVALLET )

 

 

     Un club de football met à l'amende un de ses joueurs au motif qu'il rend trop souvent la balle à l'adversaire. Résultat : il ne la passe plus à personne. Un patron décide d'organiser une compétition permanente entre ses salariés. Résultat : une partie d'entre eux commencent à saboter le travail de leurs collègues. Constatant que certains patients victimes de graves complications cardiaques décèdent régulièrement au bloc opératoire, une clinique fixe un quota maximal de "pertes" à ses chirurgiens. Résultat : lorsqu'ils approchent du chiffre fatidique, les chirurgiens refusent d'opérer. Une école décide de sanctionner financièrement les parents dont les enfants arrivent en retard le matin. Résultat : le nombre des retardataires se multiplie... Le point de départ de ces histoires est presque toujours le même : la nouvelle idéologie managériale et ses méthodes, ses indicateurs de performance, ses dispositifs d'incitation et de sanction. Maya Beauvallet en propose ici à la fois le bêtisier le plus insolite et l'analyse la plus sérieuse.

                            Biographie de l'auteur
     Maya Beauvallet est économiste, maître de conférences à TELECOM ParisTech. Elle a notamment publié Le Rôle de l'Etat (Bréal, 2006). Elle mène depuis plusieurs années des recherches sur les indicateurs de performance.


Vers une nouvelle définition des produits non-OGM

Dans un avis présenté mardi, le Haut conseil des biotechnologies (HCB) préconise que ne puissent être considérés "sans OGM", que les produits alimentaires contenant moins de 0,1% d'ADN transgénique. Le gouvernement a alors annoncé qu'il allait préparer sur la base de cet avis, un décret définissant un nouvel étiquetage.

Mis en place en avril dernier, le HCB a été saisi par le gouvernement en juin afin qu'il fasse des propositions pour la définition de produits "sans OGM". Dans son avis publié mardi, il fait la distinction entre les filières végétales et animales et propose que pour les végétaux, la mention "sans OGM" soit réservée aux produits contenant moins de 0,1% d'ADN transgénique, "seuil le plus bas techniquement réalisable garantissant à la fois le respect du consommateur et la fiabilité des transactions".Pour les produits issus d'animaux tels que le lait, la viande ou le fromage, le HCB recommande que la mention "nourri sans aliments OGM" ou "issu d'animaux nourris sans aliments OGM" soit réservée aux produits provenant d'animaux nourris avec des aliments contenant également moins de 0,1% d'ADN transgénique.Concernant enfin les produits issus de l'apiculture, le comité estime que la mention sans OGM devrait être fondée sur une distance minimale entre le rucher et les cultures d'OGM.Le HCB a été créé par la loi sur les OGM de juin 2008 relative à "la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM". Cette loi précise que la définition des produits "sans OGM" se comprend par référence à la définition communautaire. Mais en attendant cette définition européenne, le seuil doit être défini par voie réglementaire.Dans un communiqué, les ministères de l'Écologie, de l'Économie, de la Recherche et de l'Agriculture ont déclaré que "le gouvernement préparera un projet de décret définissant l'étiquetage des produits provenant des filières sans OGM afin de permettre au consommateur et au producteur d'exercer leur libre choix".

 


Journalistes verts poursuivis.

     
        Reporters sans frontières au rapport (vert)
    L’ONG publie aujourd’hui un rapport sur les journalistes poursuivis parce qu’ils ont dénoncé des crimes environnementaux.

Il n’y a pas que sous les balles et dans le sillon des chars qu’on risque sa peau. Reporters sans frontières publie aujourd’hui un rapport et conte l’histoire de quelques journalistes menacés, condamnés ou blessés parce qu’ils avaient dénoncés des crimes environnementaux.

    “Lai Baldé, journaliste guinéen, vit sous la menace. Tamer Mabrouk, blogueur égyptien, fait l’objet d’une procédure judiciaire. Le journaliste russe Grigory Pasko a passé quatre années en prison. Son confrère ouzbek, Solidzhon Abdurakhmanov, vient d’être condamné à dix ans de prison”. Le rapport publié aujourd’hui par Reporters sans frontières (RSF) commence par une longue litanie de victimes. Leur point commun ? “Ils enquêtent ou ont enquêté sur des sujets liés à l’environnement dans des pays où il est dangereux de le faire. ”

    Comme la corruption ou les bavures militaires, les entorses à l’environnement embarrassent aujourd’hui les gouvernements aux quatre coins du monde. “Ces questions sont devenues des enjeux stratégiques notamment pour les nations qui dépendent énormément de leurs ressources en matières premières. D’autant que du bon respect de l’environnement dépend aussi l’aide des pays riches, décrypte Jean-François Julliard, secrétaire général de RSF. Alors aujourd’hui dans ces pays, on risque sa peau pour en parler. ”

    La révélation ne date pas d’hier mais les cas se multiplient depuis quelques années. “On en voit au Brésil, au Cambodge, au Congo. Mais de loin, les cas les plus fréquents sont en Russie“, souligne M. Julliard. Ainsi de l’histoire de Grigory Pasko, emprisonné quatre ans pour avoir dénoncé le versement de déchets nucléaires dans la mer du Japon (voir témoignage). Ailleurs, d’autres ont pris dix ans pour avoir rapporté l’assèchement d’une mer, des coups pour un projet d’autoroute traversant une forêt ou ont été kidnappé pour s’être attaqué à la déforestation. Des menaces d’autant plus graves qu’elles attaquent des journalistes en devoir d’information, souligne le rapport. “Pour préserver la nature, il faut en premier lieu établir un diagnostic précis de l’état des ressources et de la façon dont elles sont employées. Grâce à ce travail d’analyse – auquel la presse participe largement – les décideurs politiques peuvent ensuite fixer les normes qui s’imposeront aux acteurs économiques et aux populations.”

    Or, ces journalistes sont souvent peu soutenus par les populations locales, effrayées à l’idée de perdre leur emploi dans des entreprises trop polluantes. Ils sont donc souvent peu ou pas défendus, leurs histoires peu médiatisées. RSF s’est promis d’y remédier “Quand les journalistes s’attaquent à des problèmes économiques ou politiques, on peut se dire qu’ils cherchent le scoop, concède Jean-François Julliard. Mais là ils traitent des questions d’intérêt général. Ils oeuvrent pour le bien de l’humanité ! ”

    A lire aussi dans Terra eco :
   - 4 ans de prison pour avoir enquêté sur les déchets nucléaires

 


A marche forcée, les oubliés de la croissance chinoise ( Samuel BOLLENDORF )

 

120 pages Editeur : Textuel (22 mai 2008)
 
    Le monde célèbre aujourd'hui le miracle de la Chine engouffrée dans l'économie de marché. Derrière la vitrine officielle, trois quarts des paysans vivent en dessous du seuil de pauvreté et sont contraints de migrer clandestinement à l'intérieur de leur propre pays. Exploités à plusieurs milliers de kilomètres de chez eux, dans les mines de charbon meurtrières ou dans les ateliers du monde, ces migrants fuient des campagnes millénaires dévastées par les pollutions industrielles où les populations se meurent en silence sous les pressions de gouvernements locaux corrompus. Samuel Bollendorff enquête sur une Chine à marche forcée, miroir d'une économie mondiale qui s'emballe. 
 (Suite)

La situation en Guinée examinée par le Procureur de la CPI

Le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a confirmé jeudi qu'il procédait à un examen préliminaire de la situation en Guinée sur la base d'informations selon lesquelles des crimes relevant de la compétence de la Cour auraient été commis lors d'événements récents.

 

La Guinée est un État Partie au Statut de Rome depuis le 14 Juillet 2003. En conséquence, la CPI a compétence à l'égard des crimes de guerre, crimes contre l'humanité ou du crime de génocide pouvant être commis sur le territoire de la Guinée ou par ses ressortissants, y compris les meurtres de civils et des violences sexuelles.

 

Le Bureau du Procureur a pris connaissance d'allégations graves concernant les événements du 28 Septembre 2009 à Conakry et a reçu des informations relatives à ces événements conformément à l´Article 15 du Statut de Rome. Un examen préliminaire de la situation a été immédiatement engagé afin de déterminer si des crimes relevant de la compétence de la CPI ont été perpétrés.

 

« Des informations que nous avons reçues, des images que j'ai vues, il apparaît que des femmes ont été violées ou en tout cas brutalisées sur la pelouse du stade de Conakry, apparemment par des hommes en uniforme qui ont même utilisé leur arme », a déclaré Fatou Bensouda, Procureure adjointe de la CPI. « Tout ceci est révoltant, insoutenable. Cela ne doit plus jamais se reproduire et les responsables devront rendre des comptes ».

 

Les situations en Afghanistan, en Colombie, en Côte d'Ivoire, en Géorgie, au Kenya et en Palestine font également l'objet, parmi d'autres, d'un examen préliminaire de la part du Bureau.

 

Le Bureau du Procureur mène en ce moment des enquêtes à propos de quatre situations : la République démocratique du Congo, le Nord de l'Ouganda, la région du Darfour au Soudan et la République centrafricaine. Tous ces pays restent, à des degrés divers, engagés dans des conflits dont les victimes ont un besoin urgent de protection.

 

La Cour pénale internationale est une juridiction indépendante et permanente qui mèn


Vingt-sept questions d'économie contemporaine - (Philippe Askenazy et Daniel Cohen)

août 2009     90 p.   10,50 €

     L'économie, matière vivante s'il en est, serait-elle réservée aux spécialistes et condamnée à l'hermétisme ? " Non " répondent les économistes parmi les plus éminents, réunis autour de Philippe Askenazy et Daniel Cohen. Ils le montrent et le démontrent dans ce livre singulier qui procède tout autant d'un dictionnaire du quotidien, d'un traité pratique que d'un manuel intelligent d'économie. Des limites du système de retraites français aux liens entre guerre et commerce dans les relations internationales en passant par la rente nucléaire, les faiblesses de la grande distribution ou les crises financières, les auteurs analysent les fils qui relient la vie économique à l'ensemble de la société. Les thèmes abordés dans cette somme plongent le lecteur dans un univers enfin plus intelligible, loin des débats d'initiés.

                                             Biographie des auteurs
    Philippe Askenazy est directeur de recherche au CNRS, professeur associé à l'Ecole d'économie de Paris et directeur adjoint du CEPREMAP. Il est l'auteur de Les Désordres du travail. Enquête sur le nouveau productivisme (Seuil, 2004).

     Daniel Cohen est professeur à l'Ecole normale supérieure, vice-président de l'Ecole d'économie de Paris et directeur du CEPREMAP. Il est l'auteur, dans la collection " Pluriel ", de La Mondialisation et ses ennemis.


Les bobards économiques

 

 

       La crise vient des Etats-Unis... Et si c'était faux? A y regarder de plus près, la France est, elle aussi, coupable. Depuis plus de dix ans, une série de décisions politiques - de droite comme de gauche - ont précipité le pays dans une spirale infernale. Travailler plus pour gagner plus? Les chiffres des heures supplémentaires, la mesure phare de Nicolas Sarkozy, sont faux. Les milliards d'euros de baisses d'impôts engagés depuis Lionel Jospin? Ils n'ont servi à rien. La France gagnante dans la mondialisation? Un déni d'experts. Des biocarburants dans toutes les pompes? C'était une imposture. Des stock-options pour encourager les patrons? Un scandale dénoncé par la Cour des comptes. Etc. Ce livre raconte pour la première fois l'histoire réelle de douze bobards économiques, de leur conception jusqu'à leur fiasco, en dévoilant le dessous des cartes.

          Biographie des auteurs
     Hervé Nathan est rédacteur en chef du service "Economie-social" à Marianne. Il a travaillé auparavant à Libération et à la Tribune.

   Nicolas Prissette est chef-adjoint du service "Economie" au Journal du dimanche, après avoir été à la Tribune et au Revenu.


Je suis venu, j'ai vu, je n'y crois plus ( Omar BA )

avril 2009     256 p.     18 €

     Nous tenons à remercier ici tous ceux et celles qui, ayant lu Je suis venu, j'ai vu, je n'y crois plus, nous manifestent un soutien chaleureux.
     Je veux faire comprendre aux jeunes d'Afrique que cette Europe ne vaut pas de risquer sa vie, car on y vit, comme partout ailleurs, avec des souffrances, des impasses et des échecs récurrents.

    Omar Ba en a rêvé pendant vingt ans : l'Europe, c'est pour des millions de jeunes Africains un eldorado fantasmatique. Qu'il faut atteindre à tout prix. En s'arrachant aux siens.

    Après un périple de trois ans, au péril de sa vie, il a fini par atteindre la France. Toutes ses illusions s'effondrent. Il ne trouvera rien des fausses images d'abondance qui circulent en Afrique.

                                Biographie de l'auteur

     A 29 ans, l'auteur, étudiant en sociologie et travaillant dans une ONG, conseille aux jeunes de son continent d'origine : « Si vous croyez que l'Europe est la solution à vos problèmes, ne venez pas ! Rêvez plutôt d'Afrique ! »


La crise de trop - Reconstruction d'un monde failli (Frédéric LORDON)

 
 
 
 
 
      Alors même qu'elle n'a pas encore épuisé ses développements propres, la crise financière s'est déjà dépassée elle-même. Elle s'est dépassée économiquement en une récession meurtrière. Elle s'est dépassée politiquement car le dérèglement financier finit par apparaître pour ce qu'il est vraiment : le symptôme d'un dérèglement d'une tout autre nature et d'une tout autre échelle. C'est un modèle d'ensemble qu'une sorte de " catalyse par les points extrêmes " rend d'un coup visible, et surtout odieux. Comment la société a-t-elle pu tolérer si longtemps de tels niveaux d'inégalités ? Pourquoi a-t-il fallu atteindre le point d'obscénité de l'enrichissement de la finance pour produire enfin une mise en question ? Quelles forces ont oeuvré si longtemps à installer et défendre pareille configuration du capitalisme ? Et aussi, maintenant, quelles sont les voies de sortie, à quelles transformations radicales faut-il procéder ? Le livre fait des propositions. De la refonte totale des structures bancaires en un " système socialisé du crédit " jusqu'au desserrement des deux contraintes qui écrasent le salariat - celle de la rentabilité actionnariale et celle de la concurrence internationale sans rivage -, il s'agit de saisir l'opportunité historique d'une nouvelle donne ", seule à même de dénouer une crise sociale extrême.

                        Biographie de l'auteur
     Frédéric Lordon est directeur de recherche au CNRS ; ses travaux portent sur le capitalisme financiarisé. Il développe également un programme de recherche spinoziste en sciences sociales. Derniers ouvrages publiés : Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme (dir), Presses de Sciences Po, 2008 ; Jusqu'à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Raisons d'agir, 2008.

La crise globale : On achève bien les classes moyennes, et on n'en finit pas d'enrichir les élites (J. M. QUATREPOINT)

 

 

      La crise des subprimes ? C'est la faute des banques. La bulle Internet ? C'est la faute de la spéculation. Les fermetures d'usines et les délocalisations ? C'est la loi de l'économie. Le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre ? Ils n'ont bien sûr rien à voir avec le développement exponentiel des transports et le mouvement brownien des marchandises aux quatre coins de la planète. Les hausses vertigineuses des matières premières ? C'est la faute des Chinois, des Indiens et des Brésiliens. Bref, d'une demande qui explose.

      À chaque phénomène, on trouve une explication technique, et surtout partielle, généralement  à posteriori. Mais jamais, au grand jamais, on ne cherche à relier les problèmes les uns aux autres. Dans une société dominée par la globalisation, il ne faut surtout pas... globaliser les problèmes. Car ce serait reconnaître que la crise que le monde traverse, comme la paupérisation en marche de nos classes moyennes, ne tombe pas du ciel et qu'il s'agit bien d'une crise globale. Elle est la conséquence des dérives d'un processus entamé, voilà près de trente ans, lorsque le capitalisme anglo-saxon a décidé de revenir aux sources du libéralisme et de s'imposer aux quatre coins du monde.

      Dans les années quatre-vingt-dix, l'alliance sinoaméricaine, Internet et la financiarisation de l'économie ont fait croire au triomphe définitif de la mondialisation. Trop rapide, trop forte, trop brutale, elle a débouché, après le 11 septembre 2001, sur une sorte de spirale infernale, une fuite en avant des pays occidentaux dans une économie de la dette. Les Anglo-Saxons ont joué les apprentis sorciers. Jean-Michel Quatrepoint écrit le roman de cette globalisation qui se voulait heureuse et qui tourne au fiasco pour les Occidentaux.

                   Biographie de l'auteur
     Jean-Michel Quatrepoint est journaliste. Après onze ans passés au Monde, il a dirigé les rédactions de L'Agefi, de La Tribune et du Nouvel Économiste. Il a été le patron de la Lettre A pendant quinze ans.


Trois leçons sur la société post-industrielle ( Daniel Cohen )

septembre 2006    90 p.   10,50 €

    La société industrielle liait un mode de production et un mode de protection. Elle scellait ainsi l'unité de la question économique et de la question sociale. La " société post-industrielle ", elle, consacre leur séparation et marque l'aube d'une ère nouvelle. Daniel Cohen analyse ici les ruptures qui ont conduit le capitalisme du XXIe siècle à la destruction méthodique de cet héritage : innovations technologiques, révolution financière, transformations des modes d'organisation du travail, mondialisation des échanges... En examinant les logiques à l'œuvre dans ces bouleversements, ces " trois leçons " aident à comprendre les défis du monde à venir.

                                         Biographie de l'auteur
    Daniel Cohen est professeur de sciences économiques à l'Ecole normale supérieure et directeur du Centre pour la recherche économique et ses applications (CEPREMAP). Il est également membre du Conseil d'analyse économique auprès du Premier ministre et éditorialiste associé au journal Le Monde.


Le capitalisme d'héritiers (Thomas PHILIPPON)

2007      109 p.    10,50

     Contrairement à certaines idées reçues, les Français accordent plutôt plus d'importance au travail que les autres Européens, et les rigidités du droit et de la fiscalité ne peuvent expliquer, à elles seules, ni l'apparition ni la persistance du chômage de masse.
    La crise française est d'abord le fruit de relations sociales marquées par l'insatisfaction et la méfiance. Souvent associée à un syndicalisme de contestation, cette situation est aussi le résultat d'un "capitalisme d'héritiers" aux pratiques managériales conservatrices et frustrantes pour les salariés. Le capitalisme français peine en effet à promouvoir les plus créatifs et les plus compétents, et tend à privilégier l'héritage et la reproduction sociale dans le recrutement de ses élites. Issu d'une histoire longue et complexe, il a aujourd'hui un coût économique très lourd et largement sous-estimé. 

                             Biographie de l'auteur
    Thomas Philippon est économiste. Il enseigne l'économie financière à la Stern School of Business (New York University - États-Unis). Ses recherches portent sur la macro-économie, le marché de l'emploi, la finance et l'organisation des entreprises.


Le marché noir de la bombe : Enquête sur la prolifération nucléaire ( Bruno Tertrais )

                                                         septembre 2009     260 p.     18 €

     Pendant longtemps, l'arme nucléaire est restée entre les mains du club des grandes puissances - États-Unis, Union soviétique, Grande-Bretagne, France et Chine. Cet ordre a commencé à changer lorsqu' Israël, puis l'Inde, se sont également dotés de l'arme atomique. Le Pakistan s'est lancé à son tour dans la course. Mais Abdul Qadeer Khan, l'un des artisans du programme nucléaire du pays, en a profité pour mettre sur pied un formidable réseau international de prolifération des technologies, des outils et des matériaux nécessaires à la fabrication de la Bombe. Il a offert ses services à l'Iran, à la Corée du Nord, mais aussi à l'Irak, à la Libye et sans doute à d'autres. Aujourd'hui, le programme nucléaire iranien suscite, au Moyen-Orient, à la fois l'envie et la crainte. Qui sera le prochain domino du grand jeu nucléaire ? L'Égypte, l'Arabie saoudite, l'Algérie et la Turquie sont des candidats potentiels. Mais alors que le Pakistan s'enfonce dans la crise, Ben Laden s'intéresse également à l'atome...

     Bruno Tertrais travaille depuis plus de dix ans sur ce dossier. II a eu accès aux documents les plus sensibles et à des témoignages essentiels. Avec Le Marché noir de la Bombe, il lève le voile sur les secrets de la prolifération nucléaire. Dans ce livre où la réalité dépasse parfois la fiction, il explique comment la CIA a réussi à pénétrer le " réseau Khan " après avoir longtemps fermé les yeux sur ses trafics. Il décrit les ramifications du complexe atomique ; pakistanais et analyse avec lucidité le risque de terrorisme nucléaire.

                          Biographie de l'auteur
    Bruno Tertrais est spécialiste des questions internationales. Maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, il a été membre, en 2007-2008, de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et de la Commission du Livre blanc sur la politique étrangère et européenne. Il est notamment l'auteur de La Guerre sans fin (Éd. du Seuil, 2004), du Dictionnaire des enjeux internationaux (Éd. Autrement, 2006), de L'Anne nucléaire (Presses universitaires de France, 2007) et il a dirigé l'Atlas militaire et stratégique (Éd. Autrement, 2008).


Nauru, l'île dévastée : Comment la civilisation capitaliste a détruit le pays le plus riche du monde (Luc FOLLIET )

 

juin 2009    148 p.    12 €

       Connaissez-vous Nauru ? Cette île du Pacifique est la plus petite République de la planète, apparemment semblable à des dizaines d'autres. Elle fut même, dans les années 1970-1980, l'un des pays les plus riches du monde. Aujourd'hui, Nauru est un Etat en ruine, une île littéralement dévastée. C'est le récit de cet incroyable effondrement qu'a entrepris Luc Folliet.

    Car tout commence à Nauru avec le phosphate, ce " cadeau de Dieu ", dont l'exploitation démarre au début du XXe siècle. Lorsque les Nauruans conquièrent leur indépendance, en 1968, des centaines de millions de dollars tombent dans le portefeuille du nouvel Etat et de ses habitants, qui adoptent un mode de vie occidental et dépensent sans compter. Au début des années 1990, le phosphate s'épuise.

    Alors, l'île se vend à qui bon lui semble. Des centaines de banques offshore choisissent de s'installer dans ce nouveau paradis fiscal. Mais rien n'y fait, Nauru devient l'un des Etats les plus pauvres au monde et loue sa terre à l'Australie voisine qui peut y " exporter " ses camps d'internement de réfugiés. On envisage même alors l'abandon de l'île et l'exil de ses habitants... Désastre écologique, faillite économique, hyperconsumérisme, maladies chroniques : l'histoire de Nauru raconte aussi notre histoire. Elle montre comment le rêve de prospérité peut, en quelques années, virer au cauchemar.

              Biographie de l'auteur

   Luc Folliet est journaliste indépendant et documentariste.


La dernière bulle (Jean-Michel QUATREPOINT)

 septembre 2009     245 p.     16,90 €

    Le 15 septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers fait faillite. La bombe des subprimes éclate au grand jour. Le krach financier se propage à l'ensemble de l'économie, plongeant le monde dans une crise globale, encore plus grave que celle de 1929. Largement responsables des dérives du capitalisme, banquiers et financiers ont réclamé sans vergogne l'aide des contribuables et des États pour sauver le système. Des trillions de dollars sont généreusement distribués par la Fed et les banques centrales. Moins d'un an après le krach, Wall Street et les financiers se sont refaits, ils s'octroient de faramineux bonus et cherchent par tous les moyens à relancer la machine à spéculer. On a nationalisé leurs pertes pour qu'ils puissent reprivatiser leurs profits.

    Ils sont pour une bonne part à l'origine de l'explosion des dettes publiques et de la formation d'une nouvelle, d'une dernière bulle dont ils s'emploient à tirer le maximum de profits. Jean-Michel Quatrepoint, qui annonçait dès l'été 2008 la crise globale, raconte comment le lobby financier c'est-à-dire Wall Street, les grandes banques et la Réserve fédérale américaine ont lié les mains de Barack Obama, afin d'éviter toute réforme en profondeur du système. Il décrypte le jeu dangereux de ce lobby des lobbies qui ne pense qu'à ses intérêts et nous a fabriqué une fausse reprise.

                  Biographie de l'auteur
    Jean-Michel Quatrepoint est journaliste. Après onze ans passés au Monde, il a dirigé les rédactions de l'Agefi, de La Tribune et du Nouvel Economiste. Il a été le patron de la Lettre A pendant quinze ans. Son livre La Crise globale (Mille et une nuits, 2008) a reçu le Prix de l'Excellence Économique 2009.


Guerres d'Aujourd'hui - Pourquoi ces conflits ? Peut on les résoudre ? (sous la direction de Sara DANIEL)

octobre 2008    464 p.   25 €

    Afghanistan, Darfour, Colombie, Géorgie, Israël-Palestine, Irak, Iran, Liban, Tibet... Pourquoi ces guerres ? Qui en sont les acteurs ? A l'heure où Internet nous submerge d'informations contradictoires, les chercheurs les plus prestigieux de Sciences Po, du CNRS, du Collège de France, de New York University, mais aussi des diplomates et des spécialistes internationaux de la résolution de conflits, partent de l'actualité qui fait la " une " des journaux pour nous l'expliquer, simplement. Et surtout, pour la première fois, ils osent nous proposer leurs solutions pour en finir avec ces conflits. Et si ces guerres d'aujourd'hui n'étaient pas inéluctables ?

                                 Biographie de l'auteur
    Sara Daniel est grand reporter au service étranger du Nouvel Observateur.

   de Barnett Rubin (Auteur), Robert Malley (Auteur), Henry Laurens (Auteur), Ghassan Salamé (Auteur), Lakhdar Brahimi (Auteur), Pierre Jean Luizard (Auteur), Bernard Hourcade (Auteur), Hubert Védrine (Préface), Pierre Hassner (Postface), Sara Daniel (Sous la direction de)


Amérak (Adrien JAULMES)

août 2009     140 p.     14 €
   
     Une affiche annonce un séminaire d'aide psychologique destiné à aider les soldats à faire face au stress : " N'abandonne jamais un camarade à terre. Aucun rendez-vous n'est nécessaire, seulement un esprit ouvert ", explique le préambule. " Lundi : gérer sa colère. Mardi : gérer son stress. Mercredi : travailler en équipe. Jeudi : résolution des conflits. Vendredi : technique de relaxation. Et, en nouveauté, prévention du suicide et rééducation post-traumatique. ". Des piles de Stars & Stripes sont en libre-service. La une du journal de l'armée américaine annonce la mise en service d'un nouveau gilet pare-balles, " offrant plus d'ergonomie et une meilleure protection ".

                        Biographie de l'auteur
     La guerre d'Irak est le premier conflit postmoderne. Pour ce voyage dans un univers absurde, Adrien Jaulmes a emporté avec lui un manuel de survie : Alice au pays des Merveilles.
    Né en 1970, Adrien Jaulmes, grand reporter au Figaro, est lauréat du Prix Albert Londres et du Prix Bayeux des Correspondants de guerre.

L'avenir de l'eau : Petit précis de mondialisation II ( Erik Orsenna)

octobre 2008      411 p.

    " Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d'eau ? Assez d'eau pour boire ? Assez d'eau pour faire pousser les plantes ? Assez d'eau pour éviter qu'à toutes les raisons de faire la guerre s'ajoute celle du manque d'eau ? Dans l'espoir de répondre à ces questions, je me suis promené. Longuement. Du Nil au Huang He (Fleuve Jaune). De l'Amazone à la toute petite rivière Neste, affluent de la Garonne. De l'Australie qui meurt de soif aux îles du Brahmapoutre noyées par les inondations... J'ai rencontré des scientifiques, des paysans, des religieux, des constructeurs de barrages, des physiciens alpinistes qui mesurent sur tous les toits du monde la limite des glaciers. J'ai passé du temps avec les médecins de Calcutta qui luttent contre le choléra. J'ai écouté d'innombrables leçons, dont celle du scarabée de Namibie et celle du kangourou. Quelles sont leurs techniques pour survivre en plein cœur du désert ? Peu à peu, j'ai fait plus ample connaissance avec notre planète. J'ai vu s'aggraver partout les inégalités, notamment climatiques. Mais j'ai vu aussi la réussite du pragmatisme, de belles coopérations entre administrations et entreprises privées. J'ai vu des illusions et des férocités à l'œuvre. De retour de voyage, voici maintenant venu le moment de raconter. Un habitant de la planète sur six continue de n'avoir pas accès à l'eau. Un sur deux vit sans système d'évacuation. Pourquoi ? "


Violence envers les enfants

                     Bâtir un environnement protecteur

    Dans le monde, 300 millions d'enfants seraient victimes de violence, d'exploitation et de maltraitance, en particulier dans le cadre des pires forme de travail effectué par des enfants, dans des communautés, des écoles et des institutions ; au cours des conflits armés ; et en raison de pratiques nocives telles que la mutilation génitale féminine/excision et à cause du mariage des enfants. Des millions d'autres enfants, qui n'ont pas encore subi ces violences, restent dépourvus d'une protection appropriée.

    La protection des enfants contre la violence, l'exploitation et la maltraitance fait partie intégrante de la protection de leurs droits à la survie, à la croissance et au développement. Notre Plan stratégique à moyen terme ainsi que notre Plan stratégique pour la protection de l'enfance soulignent l'engagement de l'UNICEF de protéger les enfants.  Nos interventions se fondent sur les Engagements de base de l'organisation, la Convention relative aux droits de l'enfant,  la Déclaration du Millénaire et de nombreux accords internationaux sur les droits de l'homme.

    L'UNICEF plaide en faveur de la création d'un environnement protecteur pour les enfants et soutient une telle création, en partenariat avec des gouvernements, des organismes nationaux et internationaux, y compris le secteur privé, et la société civile. Parmi les éléments d'un environnement protecteur et permettant aux pays, aux communautés et aux familles de prévenir la violence, l'exploitation et la maltraitance, figurent les systèmes nationaux de protection de l'enfant, les pratiques sociales de protection et la propre autonomisation des enfants, allant de pair avec une surveillance et un contrôle sérieux.


Le profit avant l'homme (Noam CHOMSKY).

mai 2004       245 p.        7,40 €

      Dans cet ouvrage, Noam Chomsky ne se contente pas de dénoncer les injustices économiques qu'entraîne le règne sans partage, à travers le monde, de la doctrine néo-libérale. Il démontre de façon implacable que les dirigeants du monde riche tiennent un double langage, contant les mérites de la liberté des marchés mais prenant toutes sortes de mesures pour y échapper eux-mêmes. Il montre surtout que les politiques économiques libérales ont été mises en oeuvre aux dépens de la démocratie, c'est-à-dire imposées d'en haut, et parfois dans le plus grand secret. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .

       L'auteur

    Noam Chomsky est un éminent linguiste, auteur et philosophe radical de réputation internationale. Parmi ses derniers ouvrages parus en français : De la propagande (Fayard, 2002), La Loi du plus fort (avec Ramsey Clark et Edward Said, Le Serpent à plumes, 2002), 11/9, autopsie des terrorismes (Le Serpent à plumes, 2002). --Ce texte fait référence à l'édition Broché .


«Notre modèle de consommation alimentaire n'est pas soutenable»

    Aurélie Trouvé, docteur en économie et ingénieur agronome, est enseignante-chercheuse à l'Agrosup Dijon et copréside la branche française d'Attac. Elle réagit aux déclarations de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) selon laquelle il y aura 2,3 milliards de bouches de plus à nourrir en 2050 - soit 9 milliards d'être humains - et qu'en conséquence une hausse de 70% de la production agricole est nécessaire.

    Les chiffres fournis par la FAO vous étonnent-ils?

    Pour l'augmentation de la production agricole de 70%, non, il n'y a rien d'étonnant s'il n'y a pas de prise de conscience et de transformation de notre mode de consommation alimentaire, notamment dans les pays du Nord.

    Pour des néophytes de la question il est difficile de comprendre qu'une augmentation de la population mondiale d'environ un tiers nécessite d'augmenter la production agricole de 70% pour pouvoir nourrir tout le monde.

    Dans les pays du Sud, notamment en Asie et en Afrique, il y aura une augmentation des besoins pour des raisons démographiques et aussi parce qu'on assiste actuellement à une transformation du modèle alimentaire. Il tend notamment à imiter les pays du nord, notamment en ce qui concerne l'alimentation carnée. Et il ne faut pas oublier que pour produire une kilocalorie animale, il faut plusieurs plusieurs kilocalories végétales. C'est une des explications de la disproportion entre l'augmentation des besoins alimentaires de 70% et la hausse de la population qui n'est que d'un tiers.

 (Suite)

Vers un monde sans (armement) nucléaire

    A l'unanimité, le Conseil de sécurité a adopté une résolution visant à promouvoir le désarmement nucléaire.

    Le Conseil de sécurité des Nations unies, présidé exceptionnellement par le président américain Barack Obama, a adopté jeudi 24 septembre 2009 à l’unanimité une résolution destinée à promouvoir le désarmement nucléaire dans le monde.

    La résolution appelle à renforcer les efforts pour prévenir la prolifération nucléaire, promouvoir le désarmement nucléaire et «réduire le risque de terrorisme nucléaire».

    «Le projet de résolution a été adopté à l’unanimité», a annoncé le président Obama. «La résolution historique que nous venons d’adopter consacre notre engagement partagé pour l’objectif d’un monde sans armes nucléaires.»

    En outre, a-t-il ajouté, cette résolution fournit «l’accord du Conseil de sécurité sur un cadre général d’action pour réduire les dangers nucléaires pendant que nous travaillons vers cet objectif.»

    Obama est le premier président américain à présider un sommet du Conseil de sécurité. Il était entouré par 14 autres dirigeants mondiaux.

    Pour l’administration Obama, la résolution adoptée constitue une validation de la totalité du programme du président américain en matière nucléaire, tel que présenté à Prague en avril, lors d’un discours au cours duquel il avait déclaré son engagement envers un «monde sans armes nucléaires».

     Il y avait notamment apporté son soutien au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et à une série de mesures qui sont toutes présentes dans le projet de résolution actuel.

 


En Europe, les sans-papiers ne bénéficient pas du même accès aux soins que les citoyens ordinaires

    Les étrangers en situation irrégulière grèvent-ils les systèmes de soins européens ? L'enquête sur la santé des sans-papiers que devait présenter Médecins du monde (MDM), jeudi 24 septembre, vient corriger un a priori tenace selon lequel des étrangers migreraient clandestinement pour se faire soigner en Europe.
 

    Cette enquête, menée auprès de 1218 migrants sans-papiers accueillis dans les permanences de MDM dans onze pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède et Suisse), ne fait ressortir aucune corrélation entre les migrations pour raison de santé et les différences entre législations nationales concernant l'accès aux soins.

     Si en France, où les conditions d'accès aux soins sont assez favorables, 10,1 % des personnes interrogées citent la santé comme motif de migration, elles sont 8,5 % en Grèce et 7,8 % en Suède, deux pays comptant pourtant parmi les moins accueillants à cet égard. En Espagne, où la législation est favorable, seulement 4,2 % des personnes citent la santé comme raison de migration.
 (Suite)

Copenhague en décembre 2009.

    En juin 2009, Davi Kopenawa Yanomami, chamane de l’une des communautés Yanomami - ces Indiens, qui vivent au Nord du Brésil, près de la frontière du Venezuela, sont au nombre de 16 000 - a fait une tournée en Europe pour parler aux hommes politiques et à la presse. Il voulait s’assurer qu’une voix indigène pourrait se faire entendre au cours de la préparation à la conférence qui aura lieu à Copenhague en décembre 2009. Les réponses suivantes sont des passages de ses entretiens.

    Entretien avec Davi Kopenawa Yanomami

    Avez-vous remarqué que le climat est en train de changer en Amazonie brésilienne ?

    Nous qui vivons dans la forêt amazonienne, nous voyons la fumée de la pollution. Elle arrive jusqu’à nos terres. La pluie est en retard et le soleil se comporte bizarrement. Le monde est malade. Les poumons du ciel sont pollués. Le changement climatique dont vous parlez est dangereux pour nous ; il est dangereux pour nous tous. Nous savons que c’est une réalité. Nous les chamanes nous respectons et aimons le soleil et la lune, la lumière et l’obscurité et tout ce qui existe dans l’univers. Nos chamanes savent que la planète est en train de changer et que c’est un danger pour nous tous. Si vous continuez à tuer des gens et à détruire la nature pour extraire tout le pétrole, les minéraux et le bois, notre planète va tomber malade et nous mourrons tous, par le feu et par l’eau.

    A votre avis, pourquoi les gens de l’extérieur provoquent-ils tant de dégâts dans les forêts ?

    L’homme blanc a des racines profondes dans la ville. Il ne peut pas changer : son désir de posséder la terre le rend fou. Il veut obtenir toujours davantage de la terre, afin d’assurer la croissance de la ville. Il ne voit que ce qui se trouve en surface et sous le sol : le pétrole, l’or, les minéraux ; les routes, les voitures, les trains. Il ne peut pas être heureux. Les Yanomami, eux, sont différents : nous pensons et nous parlons avec l’âme de la terre, de l’eau, des rivières, des montagnes, de la lune, des étoiles et du soleil.

    En 1992, les Yanomami ont remporté une grande victoire : Le gouvernement brésilien a expulsé les 20 000 orpailleurs qui avaient envahi le territoire Yanomami et fait de cette terre une vaste réserve pour les Yanomami sur 9,4  millions d’hectares. Quelle est la situation aujourd’hui pour les Yanomami ?

    Depuis que le Président Lula a pris le pouvoir en 2002, il n’a rien fait pour les Yanomami, ni pour les autres Indiens. Il a fait des promesses mais il ne les a pas tenues. Je pense qu’il nous a oubliés. Trois mille orpailleurs sont revenus sur notre terre et il n’a rien fait. C’est la responsabilité du gouvernement que de les faire partir. Nous avons des droits. Nous sommes les propriétaires de la terre ; la police fédérale doit expulser les mineurs.

    La politique des Blancs est difficile à comprendre pour nous Indiens, et même pour vous napë (les Non-Indiens). Qu’est ce que la politique a fait pour vous, napë ? Que savez-vous des partis politiques, des députés et des sénateurs ? Ils sont les seuls à se connaître. Et ce sont des charlatans, qui utilisent la politique pour s’emparer de nos terres.

    Avez-vous d’autres ennemis aujourd’hui ?

    Les producteurs de soja sont arrivés. Ils ont commencé par s’attaquer au territoire de frères dans le Parc National du Xingu. Ils y ont provoqué une destruction sévère. Ils ont fait disparaître les forêts et ils continuent à faire la même chose autre part. Mais ils n’ont pas encore osé planter du soja sur nos terres. Nous saurons les arrêter. Pour le moment, nos ennemis sont toujours les grands éleveurs de bétail et les orpailleurs.

    Avez-vous d’autres problèmes ?

    Nous avons peur des grandes entreprises minières. Les gouverneurs, les sénateurs et les députés essayent de faire passer une nouvelle loi minière au Congrès et de la faire signer par Lula. Ils réclament les droits miniers sur 60 % des terres qui sont sous nos forêts. C’est pourquoi nous sommes furieux contre Lula. Mais notre problème majeur actuellement est peut-être la santé. Le gouvernement ne fait pas assez. Il ne veut pas améliorer notre santé et il existe un grand nombre de personnes corrompues qui volent l’argent qui était destiné à notre santé. Les équipements médicaux, les médicaments et les équipes médicales restent dans les villes et n’arrivent pas jusqu’aux Yanomami.

    Comment peut-on arrêter la destruction ?

    Nous devons faire une alliance de tous les peuples indigènes qui luttent contre l’exploitation minière. Mais pas seulement avec les peuples indigènes. En effet, une telle union serait bien trop faible. Il nous faut nous unir avec les leaders d’autres peuples, non-Indiens, pour organiser un énorme rassemblement pour combattre les compagnies minières qui nous envahissent. L’union sera notre force. Nous nous battrons, non pas avec des armes ou de l’argent, mais en utilisant la force de la nature.

    Quel message voulez-vous envoyer au monde à propos du changement climatique ?

    Il va y avoir des discussions sur le changement climatique au niveau mondial. L’erreur des napë est qu’ils exploitent les richesses de la terre. Ils ne peuvent pas continuer ainsi. Pourquoi ? Pace que la terre ets sacrée. Vous ne pouvez pas la détruire parce que le cœur de notre urihi (forêt) Yanomami constitue les poumons du monde. Il est crucial que les gouvernements mondiaux nous écoutent, nous les peuples indigènes qui vivons depuis des milliers d’années sur la planète. Il faut aider le monde quand il réclame de l’aide, quand il ne pleut pas ou quand il y a beaucoup de tonnerre et trop de pluie. Les shapiripë (les esprits chamaniques) savent comment aider le monde. Ils défendent la nature depuis bien longtemps ; ils ne défendent pas seulement les Yanomami, mais le monde entier, la planète. Tous, les politiques comme les Nations unies, doivent écouter et respecter la terre et mettre fin à la destruction qu’entraîne l’extraction de nos richesses.


La banane

    

    Joséphine Baker s’en faisait des jupes mais elle trône au premier rang des étalages maraîchers, au même titre que les pommes ou les oranges. Et les Français en consomment près de 2kg par personne et par an (selon la FAO).

     La banane ! Elle nous est si familière qu’on en oublierait presque qu’elle ne pousse pas dans les jardins de nos campagnes hexagonales. Car elle vient de loin — d’Afrique, d’Amérique du Sud, des Caraïbes — pour finir flambée dans nos poêles. Si elle a malgré tout une place entière dans nos paniers quotidiens, c’est qu’elle est très bon marché. Pourtant, les étiquettes de prix de ce fruit riche en potassium, reflètent mal son long voyage, la sueur des hommes qui l’ont cultivé, ou les dommages causés par sa culture extensive.

 
    
EN CHIFFRES
  • Une production qui pèse lourd
     La banane, c’est 80 millions de tonnes produites dans le monde en 2006, dont une grosse part sert à la consommation locale (L’Inde, le Brésil sont par exemple d’énormes producteurs mais n’exportent pas). Restent 16 millions de tonnes qui parcourent la planète et entrent sur le marché mondial (source FAO), le plus gros exportateur étant de loin l’Equateur (Pas loin de 5 millions de tonnes exportées en 2006, toujours selon la FAO). Au total plusieurs millions de personnes dépendent du commerce international de ce fruit, le plus cultivé au monde (et qui figure en prime au quatrième rang, après le riz, le blé et le maïs, des produits alimentaires les plus cultivés).

  • Les trois bananes
    Traditionnellement, on distingue 3 catégories de bananes :
  - L’Europe produit environ un sixième de sa consommation aux Canaries (Espagne), en Martinique et Guadeloupe (France), à Madère (Portugal) et un tout petit peu à Chypres (Grèce). C’est la banane “Euro”
  - Les plus gros exportateurs sont en Amérique Latine : Equateur, Costa Rica, Colombie, Guatemala… On parle de banane “Dollars”, parce que les échanges s’y font avec la monnaie américaine et que les Etats-Unis y ont une influence lourde.
  - Le reste vient des anciennes colonies des Caraïbes et d’Afrique (Côte d’Ivoire, Cameroun, Sainte Lucie, Jamaïque, Belize…). C’est la banane “ACP” (pour Afrique, Caraïbe, Pacifique).
Or catégorie, Les Philippines, sont aussi un acteur majeur du marché.

  • Et les cinq entreprises
  A elles seules Dole, Del Monte, Chiquita, Fyffes et Noboa contrôlent 80% du commerce international de la banane.
  • Pour une seule variété
    Cavendish : c’est le nom de la banane cultivée dans toutes les exploitations extensives sur tous les continents. Et ce, même s’il existe plus de 300 variétés différentes.


    L’IMPACT SUR LA PLANETE

  • Les pesticides
    En la matière, la banane est numéro 2 derrière le coton. De multiples intrants chimiques, sont dispersés en surabondance sur les plantations, parfois par avion. Même les Antilles françaises n’ont pas échappé aux excès. Le chlordécone qui permet de lutter contre le charançon de la banane est un produit interdit aux Etats-Unis depuis 1976. Il est pourtant utilisé en France depuis les années 80 et n’y sera interdit qu’en 1990… Mais deux dérogations successives sont accordées aux Antilles jusqu’en 1993. Plusieurs rapports font au fil des ans le constat des dégâts. L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) fait notamment le bilan en 2007 des contaminations : légumes racine en premier lieu, fruits et légumes de la famille des cucurbitacées (les plus proches du sol), les produits de pêche et d’eau douce, certaines eaux de source et 40% du lait maternel.

  • Les déchets
    Le commerce international de la banane implique des fruits parfaitement calibrés et d’aspect impeccable. Conséquence : 30 à 40% des récoltes finissent à la poubelle, selon The Ecologist (Bananas : from plantation to plate, de Ed Hamer juin 2008). Autre forme monumentale de déchets : les plastiques. Il y a celui qui emballe les pesticides. Celui des sacs imbibés de produits chimiques qui protègent chaque régime de bananes des insectes et des araignées pendant qu’elles mûrissent. Celui des ficelles qui attachent chaque régime à un tuteur pour éviter que les fruits ne touchent le sol. (Voir le livre World Agriculture & Environment, de Jason Clay)

  • L’épuisement des sols
    Les bananes ont besoin de terres très riches et sont donc cultivées sur les plus fertiles. Au bout de 20 à 30 ans, les sols sont épuisés par la culture intensive et la présence massive de pesticides les rend parfois impropres à toute culture.

  • Un transport énergivore
    Les fruits parcourent des milliers de kilomètres en cargo pour arriver jusqu’à nous. Le voyage depuis les Antilles dure par exemple une dizaine de jours dans des conteneurs réfrigérés à 13°C, pour garder les bananes vertes. Arrivées en métropoles, les bananes sont stockées pendant une demi-douzaine de jours dans des entrepôts à 18°C, où on leur insuffle de l’éthylène (un gaz qu’elles émettent elles-mêmes dans les conditions naturelles), pour les faire mûrir.


      CEUX ET CELLES QUI LA CULTIVENT

    Les supermarchés compressent les prix de la banane. Ceux qui en subissent les conséquences ? Les ouvriers agricoles sur la plantation.

  • Leur santé peut être mise en danger par les produits chimiques
    Ces dernières années, des ouvriers de la banane ont osé porter plainte contre leurs employeurs. Ces rares procès mettent en lumière l’ampleur des ravages causés par les pesticides sur leur santé. Exemple : en décembre 2002, un juge du Nicaragua condamne trois entreprises américaines Dow Chimical, Shell Oil et Dole à payer 490 millions de dollars à 583 ouvriers de la banane. Ils sont tous victimes du pesticide Nemagon, interdit aux Etats-Unis en 1977 mais toujours dispersé dans les pays producteurs de bananes d’Amérique du Sud. Ces ouvriers, comme des milliers d’autres, souffrent de stérilité, dépression, impuissance, cancer de l’estomac.
  • Leurs conditions de travail et de vie sont souvent précaires
    Des journées de 10 à 12 heures de travail, dans une chaleur étouffante, des salaires de misère (qui ne représentent pas plus de 1% du prix final de la banane, selon l’ONG Banana Link), des contrats précaires qui durent entre 3 et 6 mois, des logements indignes de ce nom fournis par le propriétaire de la plantation, des mois de solitude passés sur des plantations reculées, loin des familles… Beaucoup d’observateurs comparent les conditions de vie des ouvriers de la banane à de l’esclavage. Pour les femmes, cela peut être encore plus dur, raconte encore l’ONG Banana Link. Au Costa Rica, certains employeurs exigent un certificat médical prouvant qu’elles ne sont pas enceintes. En Equateur, elles peuvent gagner 3 à 4 fois moins que les hommes. Le harcèlement sexuel est monnaie courante et considéré par les producteurs comme « partie de leur culture ».
  • Ils sont parfois des enfants
    L’ONG Human Rights Watch a mené l’enquête en 2002 auprès de 45 enfants qui avait travaillé ou travaillaient encore sur des plantations en Equateur (le rapport intitulé Child Labor and Obstacles to organizations on Ecuador’s Banana Plantations, a été publié en avril 2002). 41 de ces enfants ont été embauchés pour la première fois entre l’âge de 8 et 13 ans. « Ils décrivent des journées de travail de 12 heures en moyenne et des conditions dangereuses qui violent leurs droits. […] Les enfants rapportent avoir été exposés aux pesticides, avoir utilisé des outils tranchants, porté de lourdes charges de bananes jusqu’au lieu d’empaquetage, avoir manqué d’eau potable et d’accès aux toilettes, et avoir été victimes de harcèlement sexuel. »
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    La situation est si scandaleuse dans certains pays que les ONG et les consommateurs se sont réveillés ces dernières années.

  • Le commerce équitable se développe
    La banane labellisée équitable est apparue au milieu des années 90. Aujourd’hui, elle représente 2% du commerce mondial du fruit. Une banane sur quatre vendue au Royaume Uni en 2008 était « fairtrade » (selon le rapport Unpeeling the Banana Trade de la Fairtrade Foundation). Mais les champions restent les Suisses qui la préfèrent à 50% labellisée Max Havelaar. La France s’est contentée en 2007 de 7189 tonnes équitables (en provenance de République Dominicaine, du Ghana, de Colombie, du Pérou et d’Equateur), soit 1% de sa consommation nationale (selon le magazine Terra Economica).
    Dans cette portion équitable du secteur, les femmes prennent leur revanche. Cette association de cultivateurs des Caraïbes, The Windward Islands Farmers’ Association (WINFA) réunit une cinquantaine de coopératives réparties sur les îles de Dominique, Grenade, Sainte Lucie, Saint Vincent. Sur les 3300 et quelques membres, une grosse majorité sont des femmes, mères de famille, qui retrouvent ainsi travail et dignité.

  • Le marché du bio aussi est en expansion
    Le marché tournait autour de 1% du commerce mondial en 2002, selon la FAO. Même les géants comme Dole s’y mettent. En France, nos bananes certifiées AB viennent de Martinique ou de République Dominicaine. Mais on en cultive aussi en Equateur, au Pérou, en Colombie, au Mexique, au Honduras, en Israël, aux Philippines, aux Canaries, à Madère. Jusqu’en Egypte, où  il existe une toute petite production de bananes cultivées selon les principes de la biodynamie et certifiées par Demeter.

  • La Martinique et la Guadeloupe font un effort sur les pesticides
  • En décembre 2012, le ministre français de l’Agriculture Michel Barnier lançait un plan « Banane durable 2008-2012 » pour la Martinique et la Guadeloupe. Au programme : moins de produits phystosanitaires, des techniques alternatives et la création d’un institut technique de la banane pour transmettre aux planteurs les bonnes pratiques.
  • Les géants bougent-ils vraiment ?
    Les cinq mastodontes américains de la banane ont publié des codes de bonne conduite sociale et environnementale. Une Conférence internationale de la banane a réuni par deux fois, en 1998 et 2005, la plupart des parties prenantes du secteur (gouvernements, entreprises, ONG, scientifiques)… Mais les déclarations des uns et des autres convainquent peu les défenseurs des ouvriers et ceux de l’environnement.
La multinationale Chiquita semble être allée un peu plus loin, en s’alliant avec l’ONG Rainforest Alliance (peut-être pour racheter aux yeux du monde son soutien à des paramilitaires d’extrême droite colombiens entre 1997 et 2004 ?). Au début des années 90, Rainforest Allaince lance un programme pour rendre la banane plus responsable. Aujourd’hui, 15% du marché est certifié Eco OK par Rainforest Alliance, dont une très grosse part provient de plantations Chiquita. Au cahier des charges de la banane Eco OK : suppression des pesticides dangereux, dispositifs pour protéger les ouvriers, des produits toxiques, recyclage des sacs en plastique… Chuiquita a par ailleurs fait dont de complexes sportifs, d’écoles et de cliniques, construit des maisons. Mais pour les ONG, comme Banana Link, la démarche est critiquable. L’argumentation est la suivante : 1) en se liant d’aussi près avec Chiquita, Rainforest Alliance a été conduite à atténuer les exigences de sa norme Eco OK, ce qui détruit la crédibilité de toute l’initiative, 2) l’association spécialiste de l’environnement n’a aucune expérience dans le domaine social.
 
      Que faire?
  • Avant de glisser des bananes dans son panier, achetez en priorité des fruits locaux et de saison.
  • Faites décoler les filières bio et équitables. Rêvons que d’ici peu, les Français mangeront la même proportion de bananes Max Havelaar que leurs voisins Suisses !
  • Préférez aussi les bananes de Martinique et de Guadeloupe, équitables même si elles n’en on pas le label, puisque les lois sociales françaises s’y appliquent.
  • Visitez le site de l’ONG Banana Link (en anglais), bourré d’infos passionantes et qui milite pour une économie de la banane écologiquement et socialement viable

Accaparement des terres au niveau mondial

     Un document interne récemment mis en ligne sur le site web de l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) révèle que cet institut a conseillé l’Arabie saoudite dans le cadre de sa stratégie d’acquisition de terres agricoles à l’étranger pour assurer sa propre production alimentaire.

     Selon les notes de l’IRRI sur sa réunion de mars 2009 avec des représentants officiels du gouvernement saoudien, l’Éthiopie, le Soudan, l’Égypte, la Tanzanie, le Mozambique, le Mali et le Sud du Brésil figurent parmi les pays ciblés par les investissements saoudiens. À la suite de cette réunion, l’IRRI a été invité à identifier des « domaines de recherche qui nécessitent une assistance supplémentaire de l’IRRI et sont pertinents pour l’initiative saoudienne à l’étranger, un budget approximatif et des directives pour des investissements dans la production rizicole à l’étranger ».

     L’IRRI a aussi rencontré des investisseurs privés impliqués dans les projets de production rizicole externalisée du royaume saoudien. Une de ces sociétés, Foras International, a informé l’IRRI de son achat de 500 000 ha de terres agricoles au Sénégal, 200 000 ha de terres agricoles au Mali et de 10 000 acres (4 000 ha) de terres agricoles au Soudan pour y cultiver du riz. Selon Reuters, Foras gère actuellement un projet, intitulé « 7x7 », qui, sur une période de sept ans, prévoit la production de 7 millions de tonnes de riz sur 700 000 hectares de terres, principalement au Sénégal et au Mali. La Mauritanie, l’Ouganda, le Soudan et le Niger ont été évoqués parmi les autres pays ciblés. Dans un e-mail à GRAIN, Foras a confirmé avoir déjà acheté pour son projet des terres sur les rives de rivières importantes au Mali et au Sénégal. L’IRRI a signé un Protocole d’accord pour collaborer avec Foras.

     Pour l’Arabie saoudite, les enjeux sont considérables. C’est le troisième importateur de riz dans le monde et beaucoup de ses projets agricoles à l’étranger, très coordonnés, gravitent autour de cette céréale de base. La facture du pays pour les importations alimentaires pourrait atteindre 15 milliards de dollars cette année, soit 25 % de plus qu’en 2008.

     Pour GRAIN, il semble qu’avant longtemps les instances internationales de la recherche agricole se retrouveront embarquées dans ces manœuvres d’accaparement de terres, dans la mesure où ces dernières s’accompagnent d’énormes investissements nouveaux qui offrent d’autres financements pour résoudre des problèmes techniques de production.

     L’IRRI est souvent considéré comme le premier institut de recherche rizicole dans le monde, et il est membre du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR), dont le siège est à la Banque mondiale.


mardi 13: à voir absolument

      A voir absolument : ce mardi 13 octobre à 20 h 40 sur ARTE.

     Rediffusion le jeudi 15 octobre 2009 à 9 h 55 sur ARTE

    Déchets, le cauchemar du nucléaire.

    Un film évènement, une enquête coup de poing de 98 mn.

    Voir des extraits vidéos et plus d'infos sur ce reportage en cliquant sur :

    http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Dechets--le-cauchemar-du-nucleaire/2766888.html

    La face cachée du nucléaire et son déficit démocratique à travers son point faible : les déchets radioactifs.

    En pleine prise de conscience des menaces de réchauffement climatique, les industriels et certains politiques nous présentent l’énergie nucléaire comme la solution d’avenir, une énergie propre, maîtrisée, sans impact sur l’environnement et la santé. Parfois même, une énergie qui s’inscrit dans le « développement durable ».

   Mais l’énergie nucléaire est-elle aussi propre qu’on nous le dit ?

Les communautés du Pacifique sous la menace d’un génocide culturel

    Sandy Gauntlett est un activiste écologiste d’origine Maori. Il donne des cours de gestion des ressources indigènes à l’Université indigène de Te Wanaga O Aotearoa en Nouvelle-Zélande. Il est aussi président de la Coalition environnementale des peuples autochtones du Pacifique (Pacific Indigenous Peoples’ Environment Coalition) et du point focal régional du Pacifique (PacificRegional Focal Point) pour la Coalition mondiale des forêts.

    Les communautés du Pacifique sous la menace d’un génocide culturel

    Entretien avec Sandy Gauntlett

    Comment la crise climatique affecte-t-elle la vie dans votre région du monde ?

    Dans la région Pacifique, les effets du dérèglement climatique varient selon les pays, mais les îles basses sont particulièrement touchées. Dans certaines des communautés les plus affectées, l’eau douce devient de plus en plus rare, au fur et à mesure de la salinisation des ressources locales suite aux infiltration d’eau de mer dans les systèmes aquifères. Sur les îles de Kiribas [Kiribati] et Tuvalu, les marées de printemps envahissent désormais les maisons et les terres de la population et il est assez courant à cette période de voir les routes ou même la piste d’atterrissage de l’aéroport complètement inondés. Il faut se rappeler qu’il s’agit d’îles allongées et extrêmement étroites, et dont l’altitude maximale n’est que de deux ou trois mètres au-dessus du niveau de la mer. Elles n’ont pas de protection naturelle contre les ravages de la nature, si ce n’est les récifs de corail qui les entourent, et ces derniers sont en train de se dégrader sous la pression du changement climatique. Dans d’autres endroits (comme en Nouvelle-Zélande), l’impact du changement climatique est nettement moins évident, mais ce qu’est en train de vivre notre région dans son ensemble est désastreux.

    Comment les communautés indigènes du Pacifique réagissent-elles à la crise climatique ?

    Les gouvernements de Kiribas et Tuvalu ont tous deux réclamé des réductions des émissions de gaz à effet de serre bien plus radicales que celles qui sont envisagées dans la convention sur le climat. Ces réductions sont absolument indispensables si nous voulons éviter l’équivalent d’un génocide culturel. Suggérer aux gens d’abandonner leurs terres, leur territoire, leur culture et leur pays, afin que les pays riches puissent continuer à bénéficier d’un style de vie fondé sur l’exploitation de la planète, est une violation inacceptable des droits humains. Et pourtant, c’est exactement ce que nous suggérons quand nous acceptons le principe que les nations développées peuvent continuer à échapper à leurs responsabilités vis-à-vis du reste du monde en achetant des droits à polluer.

    Beaucoup de petites communautés isolées ne comprennent pas pourquoi les tempêtes augmentent en sévérité ou en fréquence, et il va falloir investir pour ces nations dans des programmes de renforcement des capacités, si l’on veut que les décisions puissent reposer sur une complète compréhension. Je voudrais préciser que ceci n’est pas une critique des gouvernants des petites îles. Leurs représentants à la convention sur le climat ont fait preuve d’héroïsme par moments quand ils essayaient de parler de justice climatique. Ce n’est qu’une simple constatation qu’on dépense plus d’argent à garantir la place du marché qu’à réduire en termes réels et à la source les émissions qui créent le problème.

    Quelle est l’opinion des Maori sur cette question ?

     On ne peut pas dire qu’il y ait un point de vue maori unique sur le changement climatique, mais les Maori qui sont engagés au niveau international sont extrêmement préoccupés par ce qui se passe dans notre région. Pour l’instant, il est encore difficile de comprendre vraiment ce qui se passe : ceci est dû, d’une part, au fait qu’en tant que pays, nous ne sommes pas encore si sévèrement affectés. D’autre part, la réalité de ce qui se passe dans notre région est tout simplement trop horrible à envisager. Certains Maori s’efforcent de convaincre les nations développées d’accepter leur part de responsabilité en termes d’émissions climatiques ; d’autres de faire admettre que nous partageons des ancêtres communs avec les communautés du Pacifique et que nous devons donc coopérer étroitement avec elles.

    Actuellement les discussions sur la conférence de Copenhague prévue en décembre vont bon train. A votre avis, quelle importance peuvent avoir ses conséquences et ses débats pour les groupes de terrain ?

    Je peux difficilement répondre à cette question tant que j’ignore quelles seront les conséquences. Si, comme beaucoup d’entre nous le craignent, la conférence n’est pas suivie d’un engagement réel pour réduire massivement les émissions, cela constituera littéralement une sentence de mort pour certains peuples, et nous serons amenés à considérer les nations consuméristes comme responsables. Si, comme nous l’espérons tous, on parvient à un accord sur des réductions d’émissions substantielles et à grande échelle, alors il sera peut-être possible de sauvegarder l’avenir des communautés les plus affectées. Copenhague est bien sûr d’une importance cruciale pour obtenir un engagement de changement réel de la part de tous, mais pour ces communautés qui vivent sur des petites îles vulnérables, le temps est compté et elles n’ont pas d’échappatoire en cas de désastre.

    Quelles véritables solutions peut-on envisager pour résoudre le problème ?

     Il faut mettre fin, de façon généralisée, à l’exploitation des forêts indigènes. Il faut, dans toutes les grandes villes du monde, s’engager à interdire tout parking au centre-ville et introduire des systèmes de transport efficaces d’un point de vue énergétique et respectueux de l’environnement. Il faut annuler la dette du tiers-monde de façon à ce que les nations en développement soient en mesure de financer de véritables réductions de leurs propres émissions. Il faut réduire le gaspillage et l’exploitation dans les projets de développement, surtout dans les nations consuméristes du Nord . Quant aux hommes politiques, ils doivent absolument rendre des comptes sur toutes les décisions qu’ils prennent ; ces décisions pourraient en effet provoquer des désastres climatiques qui résulteraient en un nombre de morts considérable.

     Pour ceux de nos lecteurs qui ne connaissent peut-être pas très bien votre région du monde, avez-vous quelques exemples d’adaptation dans les communautés que vous aimeriez partager avec nous ?

    Pour les petites nations insulaires, l’adaptation n’est pas une chose facile à réaliser, car leurs émissions ne contribuent pas de façon majeure à la crise climatique. Il s’agit plutôt pour ces nations de s’adapter à la cupidité des autres pays. Mais parmi les nations plus importantes, on observe que ce sont quelquefois les peuples qui mènent leur gouvernement. En Nouvelle-Zélande, nous sommes dans une certaine mesure en train d’adapter notre style de vie : nous encourageons ainsi la marche et les pistes cyclables pour offrir une alternative à l’automobile. La Nouvelle-Zélande possède en effet plus de voitures par tête d’habitant que la Californie et il y a fort à faire en termes de transport et de politique énergétique pour réduire nos émissions. Mais, répétons-le, si nous voulons que ces améliorations aient un impact notable, nos gouvernements doivent montrer le chemin, en augmentant véritablement le degré et la nature de la participation et de la prise de décision publiques ; ils doivent aussi investir largement pour faire comprendre la situation aux gens. Un incident récent illustre parfaitement ce que je viens de dire : Une de nos célébrités demande au premier ministre de s’engager à réduire nos émissions de 40 % . On lui répond qu’elle ferait mieux de continuer à faire du cinéma. Ce genre d’arrogance n’est vraiment plus acceptable de la part de nos politiques et s’il existe un grand manque de compréhension du changement climatique – et c’est un fait – notre gouvernement a la responsabilité d’améliorer les programmes de renforcement de capacités dans le pays, comme il s’y était d’ailleurs engagé dans la Convention sur la diversité biologique. Les ONG doivent être assurées d’un soutien financier suffisant, pour que l’information sur le dérèglement climatique destinée au public soit assurée de provenir d’une grande diversité de sources.


La vérité sous la terre, le génocide silencieux

 

octobre 2006    168 p.    10 €

     Le peuple maya du Guatemala a vécu une nouvelle tragédie dans les dernières décennies du XXe siècle : en pleine Guerre froide, l'armée guatémaltèque a appliqué la stratégie de la terre brûlée, éliminant ainsi des communautés entières d'Indiens. Plus de 200 000 personnes ont été massacrées, 45 000 portées disparues et 430 communautés mayas ont été rayées de la carte. Ce fut sans conteste le conflit le plus tragique d'Amérique latine, mais aussi le plus ignoré. Les accords de paix signés entre la guérilla et le gouvernement guatémaltèque le 29 décembre 1996 et les deux commissions de vérité ont permis le démarrage d'un long processus : retrouver les victimes, localiser les fosses communes et les charniers, exhumer les cadavres, tenter une identification et rendre enfin les corps et les "disparus" à leur famille.

     Durant plus de deux ans, le photographe Miquel Dewever-Plana a suivi ces experts et rencontré les survivants. Il a pu ainsi réaliser une série de portraits saisissants et d'émouvantes scènes d'exhumation. Les photographies sont accompagnées de témoignages sur ces années terribles et de "lettres" adressées par les vivants aux morts enfin retrouvés. Ce livre rend compte du sort réservé aux Indiens sur tous les territoires prospères du continent latino-américain, victimes de la convoitise des grands propriétaires terriens guidant les bras des militaires, ou de celle de puissances étrangères.

   Ces photographies et ces témoignages sont aussi un signe d'espoir pour les Mayas qui par leurs témoignages ont aidé les anthropologues légistes à mettre à jour la vérité, celle cachée sous la terre depuis un quart de siècle.

 (Suite)

Droits de l'Homme et OMC.

 

        La campagne entretenue, dans nos pays, autour des Droits de l'Homme n'est  qu'une machine de guerre idéologique, utilisée à des fins politiques pour calomnier les pays, qui refusent de se plier aux oukases de la Banque mondiale et du FMI.
 
    Car qui pourrait prétendre que les droits de l'Homme sont respectés, à l'échelle mondiale, quand "toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim, quand 100.000 personnes subissent le même sort chaque jour, que 923 millions d'êtres humains, plus d'un homme sur dix, sont en permanence sous-alimentés"?
Et ce massacre quotidien s'intensifie. Il n'est pas le résultat de catastrophes naturelles auxquelles "on ne peut rien". Ce massacre est le fruit d'une politique élaborée par des gouvernements ou des institutions qui appliquent les orientations des transnationales et des puissances financières.  Ainsi, "Nicolas Sarkozy a réduit massivement les aides publiques au développement. En Afrique, les projets sont suspendus".

    "L'ONU a identifié huit tragédies à éliminer priotairement (...)d'ici 2015". Quatre d'entre elles - éradiquer l'extrême pauvreté et la faim, assurer à tous les enfants en âge scolaire un enseignement de base, réduire la mortalité infantile, combattre le sida, la malaria et d'autres épidémies - concernent la santé physique et morale des populations laissées pour compte du développement capitaliste.
Au total, "ces objectifs ont été chiffrés à 85 milliards de dollars annuels sur cinq ans".
    Jean Ziegler*, membre consultatif du conseil des droits de l'homme de l'ONU, dont nous avons tiré ces citations, ajoute :

    "Depuis 2000, l'Occident dit qu'il n'a pas d'argent. Or, le 12 octobre à l'Elysée, en trois heures et demie, les 27 pays de l'Union européenne ont libéré 1700 milliards d'euros pour le crédit interbancaire et pour augmenter le capital propre des banques de 3% à 5%. Pour éradiquer les huit tragédies qui frappent le tiers-monde, IL SUFFIRAIT DE 1% DE CES 1700 MILLIARDS. Cet ordre du monde n'est pas seulement meurtrier, il est absurde".
    Citant le philosophe Régis Debray, Jean Ziegler ajoute, parlant des dirigeants occidentaux :
    "Ils ont enlevé le casque mais, en dessous, leur tête est restée coloniale".
    Et de rappeler :
    "Depuis cinq ans ans, les Blancs, qui ne représentent que 13% de la population de la planète, ont dominé le monde à travers des systèmes d'oppression successifs : le génocide des Indiens avec la conquête de l'Amérique, le commerce triangulaire des puissances esclavagistes pour le pillage des essources premières, la déportation de 400 millions d'Africains, puis l'occupation coloniale et ses massacres et, finalement l'ordre du monde du capitalisme mondialisé".

    Aujourd'hui, la crise que ce système développe dans son sein, apporte une misère supplémentaire dans le monde entier, y compris en Europe comme aux Etats-Unis. Et pourtant, les responsables - et les bénéficiaires -  de cet état de chose, nous chantent sur tous les tons,  l'amour qu'ils porteraient aux "Droits de l'Homme". Ils s'en font une arme de guerre à l'encontre des peuples et des Etats récalcitrants à leur "ordre". La Chine, dont le régime a éliminé les famines et les épidémies, est rappelée à l'application de cet ordre. Elle est désignée à l'opprobre universel pour n'avoir pas une justice façon Rachida Dati et une presse dépendante de Martin Bouygues et de Vincent Bolloré. Les pays d'Afrique, ceux dont les dirigeants ne sont pas désignés par Françafrique, Wall Street ou la City, sont tancés pour carrence démocratique et menacés "d'ingérence humanitaire".

    Telle est la morale de la campagne permanente développée par la "Propaganda" du Capital, qui tend à faire de ses tares originelles, le brévaire imposé aux peuples soumis à ses lois.

    * Jean Ziegler fut aussi "rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation". Son dernier livre, "La haine de l'Occident", est un réquisitoire contre "le capitalisme globalisé et l'odre cannibale qu'il impose à la planète".