Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Vers un monde plus juste

La montée des incertitudes (Robert CASTEL)

                                                           mars 2009     457 p.     23 €

     Les mutations du travail ont des effets sociaux et anthropologiques très profonds. Elles bouleversent l'identité des individus et fragilisent la cohésion sociale. Comment doit se redéployer, dans ces conditions, l'État social? Réformes libérales ou réformes de gauche? Comme toujours, dans ses analyses de la question sociale, l'auteur croise les regards et les interrogations. Il montre les conséquences diverses et multiples des transformations du travail, à la fois pour la vie des individus menacés de désaffiliation et pour la vie collective, la reconfiguration des rapports de classe, l'effritement de la propriété sociale. Partout naît et se renforce une insécurité sociale aux visages multiples, parfois contradictoires.

    Il faut donc repenser la protection sociale dans une "société des individus", ce qui contraint l'État à redéfinir son rôle et le droit du travail à redéfinir ses principes. Autrement dit, forcément intervient le politique. Mais dans quel sens? Et d'abord, pourquoi choisir encore l'" État social"? Le parcours proposé par Robert Castel allie, comme toujours, limpidité et acuité du regard. Il s'apparente à un véritable "traité du social ", repensé et actualisé pour répondre aux défis posés par la crise du travail et celle de l'État social qui en est la conséquence, dans une société de plus en plus individualisée.

                                     Biographie de l'auteur
    Robert Castel est sociologue. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont, parmi les derniers, Les Métamorphoses de la question sociale (Fayard, 1995), Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi (avec Claudine Haroche, Fayard, 2001), L'Insécurité sociale (Seuil/La République des Idées, 2003) et La Discrimination négative (Seuil/La République des Idées, 2007).


Prélude à la délivrance (Yannick HAENEL, François MEYRONNIS)

février 2009     207 p.     18,50 €

     « L’effroyable a déjà eu lieu et ne cesse d’avoir lieu. En un sens, il n’y a plus rien à craindre. Ce livre s’adresse à toute personne de bonne foi cherchant un accès à la délivrance au cœur de la catastrophe planétaire. À chaque instant s’ouvre la possibilité du sauf. Mais qui le désire ? Vous, peut-être. »

     Prélude à la délivrance n’est pas un livre d’entretiens au sens traditionnel. C’est une méditation dialoguée entre Yannick Haenel et François Meyronnis, qui s’interrogent sur l’époque où nous sommes.

    Qu’est-ce que la littérature quand toutes les idéologies se sont effondrées, quand on évolue dans un monde sans repères, quand la dévastation règne planétairement ? Autrement dit, comment témoigner quand ce qui a lieu ne peut même plus se représenter ?

    C’est la grande question du début de ce XXIe siècle. Ce livre tente d’y répondre à travers une proposition nouvelle.

       Le livre parle de l’histoire du XXe siècle, du processus du mal, de la Shoah, du Goulag, de Hiroshima ; il parle aussi de l’histoire plus secrète de ce qui délivre, à travers Melville, Proust, Edgar Poe, Chalamov et Paul Celan.

     C’est un livre qui s’adresse à tout le monde : en s’interrogeant sur la chance d’atteindre à la délivrance, il parle de la vie de chacun.


Le sens des choses (J. ATTALI en collaboration)

septembre 2009    320 p.     21,00 €

        Plus que jamais notre époque de rupture a besoin d'être décryptée. Penser le monde est un panorama de la pensée actuelle par les plus grands experts. 

    Angoissant, enthousiasmant, toujours passionnant : l'avenir est mystérieux par définition, mais il est tout de même possible d'entrevoir ce que deviendra notre monde aux cours des prochaines décennies. Jacques Attali a réuni une trentaine de personnalités, parmi lesquelles Simone Veil, Max Gallo, Michel Rocard, Jean-Claude Trichet et Boutros Boutros-Ghali, pour tenter de répondre aux questions qui nous taraudent. Quel est le futur de la démocratie, de la condition féminine, du climat, du travail ? Connaîtrons-nous enfin la paix ? A quels progrès médicaux pouvons-nous nous attendre ? Le sida sera-t-il vaincu ? Comment vont évoluer le livre, le théâtre, la musique ? Un livre bourré d'idées neuves et de pensées hardies !
      Chaque auteur apporte un éclairage essentiel sur les grands bouleversements de notre temps, en matière sociale, culturelle, économique, politique et géostratégique. Dans un texte à la fois précis et très vivant, truffé d'exemples éclairants, chaque auteur dresse un état des lieux et apporte des réponses à des questions clés telles que : Le génie français est-il en déclin ? Le statut de la femme se dégrade-t-il dans le monde ? Le religieux sera-t-il un élément structurant de notre avenir ? Peut-on prévoir les futurs bouleversements de la famille et des relations amoureuses ? La musique est-elle menacée par les nouvelles technologies ? Peut-on imaginer un monde sans violence ? La vie humaine a-t-elle un avenir ?
    En contrepoint de chaque chapitre, Jacques Attali vient « chahuter » l'expert en recadrant son sujet dans une perspective historique et théorique de long terme et montre en quoi nous vivons une période de rupture majeure de l'histoire humaine. De ces confrontations de points de vue naissent des idées neuves, des contradictions révélatrices : la pensée en marche.

                            Biographie des auteurs
    Avec Christophe Aguiton, Claude Allègre, Henri Atlan, Michèle Barzach, Marc de Brichambaut, Boutros Boutros Ghali, Roland Castro, Malek Chebel, Vincent Champain, Daniel Cohen, Jean-Marie Colombani, Jean-Paul Courtois, Jean-Michel Darrois, Régis Debray, Claude Durand, Xavier Emmanuelli, Max Gallo, Marcel Gauchet, Christophe Girard, René Girard, Denis Kessler, Dominique Meyer, Bernard Millet, Nathalie Kosciuzko-Morizet, Éric Lecerf, William Lowenstein, Daniel Mesguich, Cédric du Monceau, Erik Orsenna, Didier Quillot, Michel Rocard, Philippe Sollers, Bernard Stiegler, Jean-Claude Trichet, Simone Veil, Patrick Zelnick.


Les stratégies absurdes : Comment faire pire en croyant faire mieux Maya BEAUVALLET )

 

janvier 2009      147 p.      14 €

 

     Un club de football met à l'amende un de ses joueurs au motif qu'il rend trop souvent la balle à l'adversaire. Résultat : il ne la passe plus à personne. Un patron décide d'organiser une compétition permanente entre ses salariés. Résultat : une partie d'entre eux commencent à saboter le travail de leurs collègues. Constatant que certains patients victimes de graves complications cardiaques décèdent régulièrement au bloc opératoire, une clinique fixe un quota maximal de "pertes" à ses chirurgiens. Résultat : lorsqu'ils approchent du chiffre fatidique, les chirurgiens refusent d'opérer. Une école décide de sanctionner financièrement les parents dont les enfants arrivent en retard le matin. Résultat : le nombre des retardataires se multiplie... Le point de départ de ces histoires est presque toujours le même : la nouvelle idéologie managériale et ses méthodes, ses indicateurs de performance, ses dispositifs d'incitation et de sanction. Maya Beauvallet en propose ici à la fois le bêtisier le plus insolite et l'analyse la plus sérieuse.

                            Biographie de l'auteur
     Maya Beauvallet est économiste, maître de conférences à TELECOM ParisTech. Elle a notamment publié Le Rôle de l'Etat (Bréal, 2006). Elle mène depuis plusieurs années des recherches sur les indicateurs de performance.


La science est le défi du XXIe siècle (Claude ALLEGRE)

octobre 2009     348 p.    20,90 €

      Que nous réserve l'avenir ? A une époque où la peur des catastrophes écologiques se répand, où l'on subit très concrètement une crise financière et économique que l'on n'a pas connue depuis 1929, chacun s'interroge. Serons-nous capable de transmettre à nos enfants un monde où l'harmonie entre les hommes mais aussi entre l'homme et la nature sera rétablie ? Ou, à l'inverse, allons-nous engendrer un monde de famines, de conflits de civilisations, de crises économiques permanentes ? Pourquoi ne pas examiner ces questions à la lueur des sciences et des techniques qui sont les moteurs essentiels de l'Histoire ? Essayer de deviner ce que seront les progrès scientifiques du XXIe siècle et les conséquences qu'ils auront sur cette société désormais mondiale et multipolaire ? Claude Allègre se livre à l'exercice sans tomber dans la science-fiction, en évoquant les progrès scientifiques et technologiques énormes qui verront le jour, les questions très difficiles, immenses et parfois effrayantes qui émergent petit à petit. Jusqu'où peut-on modifier le vivant ? Pouvons-nous intervenir sur l'évolution de la planète ? Le virtuel ne risque-t-il pas de se substituer au réel ? Se refusant à être optimiste ou pessimiste, il montre que le génie créatif de l'homme et son dynamisme conquérant sont potentiellement capables de répondre aux défis. Bref, que l'avenir dépend de nous. 
                                          Biographie de l'auteur
    Claude Allègre est professeur émérite à l'Institut universitaire de France, à l'université Denis-Diderot et à l'Institut de physique du globe de Paris. Il est membre de l'Académie des sciences, de l'Académie des sciences des Etats-Unis et de l'Inde et de la Royal Society. Il est, entre autres livres, l'auteur :

     - Dictionnaire amoureux de la science         

     -Ma vérité sur la planète.


André Gorz : Un penseur pour le XXIe siècle de Christophe (Fourel et Collectif )

février 2009      239 p.      18 €

     Philosophe autodidacte d'origine autrichienne né à Vienne en 1923, proche de Jean-Paul Satire, André Gorz est l'un des grands penseurs de la critique sociale du XXe siècle. Il a choisi de nous quitter à l'automne 2007 en compagnie de sa femme Dorine. L'acuité de sa pensée et la perspicacité de ses analyses prennent un nouveau relief aujourd'hui, tandis que l'économie mondiale est confrontée à l'une des crises les plus importantes de son histoire. Mais, pour André Gorz, l'enjeu n'est pas tant la sortie de cette crise, que la sortie du capitalisme lui-même. Sa pensée a influencé la gauche dans toute l'Europe. En France, bien sûr, sa terre d'adoption depuis 1949, où sa critique du capitalisme a longtemps accompagné le mouvement syndical, mais également en Allemagne et dans les pays scandinaves, où elle a souvent servi de socle théorique à l'action des mouvements écologistes. La clôture de son œuvre autorise désormais l'exercice de l'interprétation et sa situation, plus générale, dans l'histoire de la pensée.

    Cet ouvrage, hommage à un philosophe d'exception, rassemble les contributions d'auteurs qui ont tous connu André Gorz et côtoyé de près sa production intellectuelle. Il montre l'ampleur et la pertinence de l'œuvre, présentant et discutant les nombreuses thématiques qu'elle a abordées : l'écologie politique, la place du travail et du temps choisi, la critique du capitalisme, le revenu d'existence, etc. Invitant un large public à le découvrir, ou à le redécouvrir, l'ouvrage laisse enfin la parole à Gorz lui-même, à travers trois textes inédits.

                  Biographie de l'auteur
    Christophe Fourel, directeur général de l'Agence nouvelle des solidarités actives, président de l'association des lecteurs d'Alternatives économiques.


Conscience et environnement (Pierre RABHI)

                                                      septembre 2008    233 p.     10 €

     Avec l'ère de la techno-science, de la productivité et de la marchandisation sans limite, l'on ne voit plus dans la terre et les végétaux qu'une source de profit financier. Ce pillage du bien commun de l'humanité est représentatif d'une civilisation qui a donné à la matière minérale, au lucre et à l'avidité humaine les pleins pouvoirs sur le Vivant et les vivants que nous sommes. Pourtant, notre lien à la terre est si intime, si vital que rien ne peut le résilier. La conscience et l'entendement devraient permettre à l'humain de comprendre, de ressentir, de s'enchanter de cet ordre et donc de le respecter et d'en prendre soin avec humilité et compassion. Notre responsabilité à l'égard de nous-même et de nos semblables inclut la responsabilité à l'égard de tout ce phénomène extraordinaire qu'on appelle la Vie.

                                                                                      Biographie de l'auteur
     Pierre Rabhi, agriculteur bio, est un ardent défenseur de la biodiversité et des solutions écologiques. Ecrivain, il a publié plusieurs livres dont Du Sahara aux Cévennes et, avec Nicolas Hulot, Graines de possibles.


Ecologie, communauté et style de vie ( Arne Naess)

décembre 2008    376 p.    22 €

      Ecologie, communauté et style de vie est le livre le plus emblématique du mouvement de la deep ecology. Arne Næss y présente sous une forme rassemblée les grands principes de sa philosophie environnementale, l'Ecosophie T: un système éthique cohérent d'inspiration spinoziste dans lequel la valeur des choses est jugée indépendamment de leur utilité. Næss met aussi en relief l'incapacité de presque toutes les grandes philosophies à penser la nature de manière conséquente. Contre les conceptions purement objectives, subjectives ou phénoménales de la réalité, il propose une lecture relationnelle et gestaltiste du monde et exprime en toute clarté les bases fondamentales et révisables de son système dont il conçoit la norme la plus haute sous le nom de " réalisation de Soi ! ". Sous ce terme laissé volontairement vague, il entend l'activité selon laquelle les besoins et les désirs individuels s'accordent avec la reconnaissance du caractère fondamental de toute vie. Arne Næss déploie ce système selon une dynamique logique jusqu'au niveau des recommandations les plus concrètes.

     Réflexions théoriques, jugements de valeur et maximes pratiques se répondent donc au sein de cet ouvrage qui entend lutter contre ce qui nous mine encore aujourd'hui: le développement d'une société techno-industrielle qui détériore les conditions de vie actuelles et futures de toutes les espèces, la nôtre y compris. Déjà traduit en cinq langues, cet ouvrage fondateur, qui propose pour la réflexion écologiste en France des bases métaphysiques qu'elle attend encore, n'a rien perdu de son actualité et présente une voie pleine de promesses pour échapper à la catastrophe vers laquelle nous continuons de courir.

                   Biographie de l'auteur
    Philosophe norvégien, figure historique du mouvement de la deep ecology, qu'il fonde dans les années 1970, Arne Næss (1912) est internationalement reconnu comme l'un des rares penseurs de l'écologie à avoir exercé une influence décisive sur des milliers d'activistes dans le monde ainsi que sur le cours général des politiques publiques en matière d'environnement. Ecologie, communauté et style de vie est son premier livre traduit en français.


L'Empire, la démocratie, le terrorisme : Réflexions sur le XXIe siècle ( Eric Hobsbawn et Lydia Zaïd )

février 2009     180 p.     19,90 €

     Quel regard porter sur le XXe siècle et qu'attendre du XXIe Dans ce nouvel ouvrage, Eric J. Hobsbawm, auteur du best-seller international L'Âge des extrêmes, se penche sur les grandes questions qui animent les débats de ces dernières années. Qu'est-ce que la guerre et qu'est-ce que la paix au XXIe siècle ? Faut-il regretter la disparition du monde bipolaire ? Comment les changements politiques et militaires survenus depuis l'effondrement de l'Union soviétique pèsent-ils sur l'équilibre géostratégique mondial ? Comment résoudre aujourd'hui les défis sociaux et environnementaux ? Comment comprendre les mutations de l'Etat-nation : est-il encore capable de contrôler l'ordre public à une époque marquée par la montée des violences ? Comment appréhender le regain de force du nationalisme ? Quel avenir peut-on prévoir pour la démocratie ? Et le terrorisme, comment y faire face ? Parallèlement, et de manière plus spécifique, Eric J. Hobsbawm pose son regard pénétrant sur le Proche-Orient, la guerre en Irak et les ambitions américaines. Autant de questions stimulantes que l'auteur passe au crible de ses analyses.

                         Biographie de l'auteur
    Historien de réputation internationale, né en 1917, Eric J. Hobsbawm est l'auteur notamment de  L'Ere des révolutions: 1789-1848 (Hachette), L'Ere du capital (Hachette), L'Ere des empires: 1875-1914 (Hachette), Nations et nationalismes depuis 1780: programme, mythe, réalité (Gallimard), Les Enjeux du XXIe siècle (Complexe, 2000), Franc-tireur : autobiographie (Hachette, 2007), L'Âge des extrêmes (André Versaille éditeur, 2008).


Un monde en abîme (André TOSEL)

 

      

    Réflexion philosophique sur la mondialisation qui vise à déterminer si le monde abrite encore la possibilité ontologique de l’être en commun, d’un sens commun, d’une volonté commune, d’un bien commun qui ne peut se réduire au partage de règles de procédures. Autour de problèmes divers, la question cosmologique est pensée sous des aspects qui touchent à l’ontologie et à l’éthico-politique.

                    Quatrième de couverture

     Comment comprendre la mondialisation qui est désormais le référent de toute pensée responsable ? S’agit-il d’un événement sans précédent qui contraint à repenser l’espace et le temps de l’action humaine et la construction de notre monde ? Est-elle plutôt une nouvelle période dans l’histoire de l’économie-monde régi par le mode de production capitaliste qui se reproduit ainsi selon son impératif systémique, mais sous des formes nouvelles ? Quelles sont ces formes économiques, sociales, politiques, culturelles ? Comment penser le rapport entre l’hégémonie exercée par la direction stratégique des entreprises transnationales et les réformes du procès de travail par la nouvelle technologie sociale des communications ? Quelles sont les conséquences de la financiarisation d’une économie qui fait de la force de travail internationalisée non pas tant un salariat qu’un précariat ? Que faire de la production d’un apartheid mondial qui transforme des masses d’hommes en humanité superflue ? Comment interpréter la généralisation d’une culture de l’infini d’une consommation solvable radicalisant le désir de consommer et effaçant la citoyenneté ? La démocratie représentative peut-elle surmonter sa crise qui en fait un régime autoréférentiel excluant la prise en compte des besoins et des aspirations à la transformation ? La promesse d’une démocratie cosmopolitique est-elle tenable ? Que devient l’Etat-Nation et quelles sont ses fonctions nouvelles ? La guerre globale imposée par l’Empire américain qui s’érige en peuple élu est-elle un destin ouvrant sur un conflit des civilisations ? Comment penser les rapports entre un universalisme qui est menacé de devenir impérial et des différences socio-culturelles qui sont menacées de s’enfermer dans leur propre exclusivisme ?

    Ces questions culminent dans une interrogation cruciale : le monde de la mondialisation est-il encore un monde abritant la possibilité ontologique de l’être en commun, d’un sens commun, d’une volonté commune, d’un bien commun qui ne peut se réduire au partage de règles de procédures ? N’est-il pas menacé par sa propre dynamique de production pour la production de s’abîmer dans le non monde ? Les promesses du néo-libéralisme comme celles du libéralisme social sont démenties cruellement. La philosophie est mise au défi de la nouvelle question cosmologique qui est tout à la fois ontologique et éthico-politique. Les catégories d’Histoire, de Monde, d’Action sont à repenser depuis ce point de vue qui est aussi celui des masses désassimilées et ségrégées par le moloch du capitalisme mondialisé.


Le masque du sacré (Jean-Pierre DUPUY)

 (Suite)

Propagandes silencieuses: masses, télévision, cinéma (Ignatio RAMONET)

                                                                        2002     258 p.    7 €
     À l'heure d'Internet et de la révolution numérique, la question que se posent les citoyens n'est plus : " Sommes-nous manipulés ? ", mais " Comment sommes-nous mentalement influencés, contrôlés, conditionnés ? " Ignacio Ramonet, grâce à de nombreux exemples puisés dans les univers cinématographique et télévisuel, montre les manières dont se fabrique l'idéologie, dont se construit cette silencieuse propagande qui vise à domestiquer les esprits, à violer les cerveaux et à intoxiquer les cœurs. Il met au jour les mécanismes et les procédés de l'endoctrinement contemporain. Comment, sans que nous nous en apercevions, les nouveaux hypnotiseurs entrent par effraction dans notre pensée et y greffent des idées qui ne sont pas les nôtres : spots publicitaires, films-catastrophes, séries policières, comédies, scènes de guerre et de violence... - toutes ces images laissent des traces subliminales dont l'influence, à la longue, finit par fortement déterminer nos comportements. Et par réduire notre liberté.


Le Procès des Lumières. Essai sur la mondialisation des idées (Daniel LINDENBERG)

 (Suite)

La nouvelle raison du monde (Pierre DARDOT, Christian LAVAL)

janvier 2009    497 p.     26 €

     Après la crise financière de 2007-2008, il est devenu banal de dénoncer l'absurdité d'un marché omniscient, omnipotent et autorégulateur. Cet ouvrage montre cependant que, loin de relever d'une pure "folie", ce chaos procède d'une rationalité dont l'action est souterraine, diffuse et globale. Cette rationalité, qui est la raison du capitalisme contemporain, est le néolibéralisme lui-même. Explorant sa genèse doctrinale et les circonstances politiques et économiques de son déploiement, les auteurs lèvent les nombreux malentendus qui l'entourent : le néolibéralisme n'est ni un retour au libéralisme classique ni la restauration d'un capitalisme " pur " qui refermerait la longue parenthèse keynésienne. Commettre ce contresens, c'est ne pas comprendre ce qu'il y a précisément de nouveau dans le néolibéralisme. Son originalité tient plutôt d'un retournement que d'un retour : Loin de voir dans le marché une donnée naturelle qui limiterait l'action de l'État, il se fixe pour objectif de construire le marche et de faire de l'entreprise le modèle du gouvernement des sujets. " Par des voies multiples, le néolibéralisme s'est imposé comme la nouvelle raison du monde, qui fait de la concurrence la norme universelle des conduites et ne laisse intacte aucune sphère de l'existence humaine, individuelle ou collective. Cette logique normative érode jusqu'à la conception classique de la démocratie. Elle introduit des formes inédites d'assujettissement qui constituent, pour ceux qui la contestent, un défi politique et intellectuel inédit. Seule l'intelligence de cette rationalité permettra de lui opposer une véritable résistance et d'ouvrir un autre avenir.

                                            Biographie de l'auteur
    Pierre Dardot est philosophe. Christian Laval est sociologue et a publié L'Homme économique. Essai sur les racines du néolibéralisme (Gallimard, " NRF essais ", 2007). Tous deux sont les auteurs, avec El Mouhoub Mouhoud, de Sauver Marx ? Empire, multitude, travail immatériel (La Découverte, 2007). Depuis 2004, ils animent le groupe d'études et de recherche "Question Marx" qui entend contribuer au renouvellement de la pensée critique.


Le grand bond en arrière (Serge HALIMI)

2006      592 p     28 €

     De l’Amérique de Reagan à la France de Mitterrand, en passant par la Nouvelle-Zélande, les transformations économiques du dernier quart de siècle n’ont été le produit ni du hasard ni de la nécessité. Si, à partir des années 80, les ’décideurs’ et les médias du monde occidental ont presque toujours interprété de manière identique les situations de ’crise’, c’est que tout un travail idéologique était intervenu au préalable, c’est que les solutions alternatives au marché avaient été détruites afin qu’il n’y ait ’plus d’alternative’. D’autres interprétations des événements auraient suggéré d’autres remèdes, mobilisé d’autres forces sociales, débouché sur d’autres choix. La ’mondialisation’, ce fut aussi ce long labeur intellectuel de construction de la ’seule politique possible’ que favorisa la symbiose sociale entre ses principaux architectes d’un bout à l’autre de la Terre

                                      Biographie de l'auteur
    Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique, est notamment l'auteur des Nouveaux Chiens de garde (Raisons d'agir, 1997) et de Quand la gauche essayait (Arléa, 2000). 
   


Jéremy Bentham, les artifices du capitalisme (Christian LAVAL)

 

      

janvier 2003   127 p.   12 €

          Jeremy Bentham (1748-1832) philosophe et juriste anglais, disciple de Hobbes, considère de façon originale la genèse du capitalisme, la source de son fonctionnement et de son dynamisme à partir des fictions qu'engendrent les sociétés. Selon lui le capitalisme est une affaire symbolique. L'utilitarisme moral, doctrine initiée par Bentham, propose une théorie du bonheur social et de l'intérêt individuel. Les sociétés humaines se structurent par la langue, les institutions et surtout le droit. L'effet symbolique majeur étant la formation d'un sujet capable de calculer et d'anticiper suffisamment les conséquences de ses actes pour déployer une action efficace.

     La singularité et la fécondité des thèses de Bentham doivent être reprises en compte et analysées pour mieux penser le cours actuel du capitalisme.


L'école n'est pas une entreprise (Christian LAVAL)

février 2003     335 p.      9,50 €

      L'école est soumise à des pressions considérables pour qu'elle se conforme aux nouveaux commandements du néo-libéralisme. La compétition économique mondiale devient l'impératif majeur auquel toute institution doit se soumettre, et le système éducatif n'y échappe pas : dans ce nouveau modèle, il est menacé de se réduire à la formation du " capital humain " nécessaire aux entreprises.
    En s'appuyant sur une enquête approfondie, Christian Laval montre comment les " recommandations " des experts de l'OCDE, de la Banque mondiale, de l'OMC et de l'Union européenne ont été appliquées par les différents gouvernements français depuis vingt ans. Elles se sont traduites par une réorganisation managériale des établissements scolaires mis en concurrence entre eux pour assurer la liberté de choix des " consommateurs d'école ", par une " professionnalisation " toujours plus poussée des études, par une décentralisation qui n'a rien à voir avec la démocratie promise. Les enseignants sont sommés de participer activement à cette métamorphose de l'école publique, qui ouvre la voie à une marchandisation générale des savoirs et des apprentissages et à un renforcement des inégalités.
     Mais la réalisation intégrale de l'école néo-libérale n'a rien de fatal, affirme Christian Laval. Résistances sourdes, luttes collectives, prise de conscience des dangers de cette mutation imposée par la globalisation du capitalisme : les acteurs de l'école doivent désormais affronter un débat crucial qui engage aussi le modèle de civilisation que nous voulons.

                            Biographie de l'auteur
    Christian Laval, agrégé de sciences sociales, est spécialiste de l'histoire de l'utilitarisme. Il est l'auteur d'une histoire de la sociologie classique, L'Ambition sociologique (La Découverte, 2002) et coauteur du Nouvel Ordre éducatif mondial (Syllepse/Nouveaux Regards, 2002). Il participe aux activités de l'Institut de recherche de la FSU et à la revue Nouveaux Regards qui se consacre à l'analyse des mutations du système d'enseignement.


L'homme économique (Christian LAVAL)

         

avril 2007     396 p.   24,90 €

          Le néolibéralisme entend triompher partout dans le monde comme la norme unique d’existence des êtres et des biens.
     Il n’est pourtant que la pointe émergée d’une conception anthropologique globale qu’au fil des siècles l’Occident a élaborée. Celle-ci pose que l’univers social est régi par la préférence que chacun s’accorde à lui-même, par l’intérêt qui l’anime à entretenir les relations avec autrui, voire l’utilité qu’il représente pour tous. La définition de l’homme comme "machine à calculer" s’étend bien au-delà de la sphère étroite de l’économie, elle fonde une conception complète, cohérente, de l’homme intéressé, ambitionnant même un temps de régir jusqu’aux formes correctes de la pensée, à l’expression juste du langage, à l’épanouissement droit des corps.
     Cette anthropologie utilitariste, fondement spécifique de la morale et de la politique en Occident, fait retour avec le néolibéralisme contemporain sous des formes nouvelles.
    En retraçant, dans un vaste tableau d’histoire et de philosophie, les racines du néolibéralisme, Christian Laval donne à voir la forme, le contenu, la nature de la normativité occidentale moderne telle qu’elle s’affirme aujourd’hui dans sa prétention à être la seule vérité sociale, à se poser en seule réalité possible.

            Biographie de l’auteur

    Christian Laval est chercheur en histoire de la philosophie et de la sociologie à l’université Paris X Nanterre.

 (Suite)

L'économie à l'épreuve de l'Evangile (François de RAVIGNAN).

2009    172 p.   14 €

    Agro-économiste sensibilisé aux problèmes du Tiers-Monde et chrétien à l’écoute de son temps, l’auteur a cherché à lier la tradition ecclésiale et la réalité économique. Celle-ci est dominée par la destruction du travail et l’exclusion des pauvres. Aussi par le biais de l’Évangile et notamment par la parabole du Semeur, il montre que l’Église a des devoirs. Elle se doit de faire une autocritique sur ses engagements récents et de s’interroger avec réalisme sur le monde économique environnant où l’exclusion grandit, sans fuir ou nier les désastres. L’Église a donc à réveiller une tradition judéo-chrétienne essentielle qui consiste à vivre, prioritairement avec les pauvres et les exclus, à éveiller l’espérance au sein même des catastrophes.  

    François de Ravignan est ingénieur agronome, ancien chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA).            

     Après des études d'agronomie notamment sous la direction de René Dumont, (avec lequel il co-écrit un livre en 1977), François de Ravignan a exercé des activités de recherche et de formation en Afrique Noire et au Maghreb dans les années 1960 et 1970. Puis, comme chercheur à l’INRA, il a travaillé en Europe (France, Italie, Espagne, Allemagne).

    Suite à ces expériences de développement, il devient un spécialiste de la faim dans le monde. Après deux ouvrages sur la question en collaboration, avec Albert Provent puis Jacques Berthelot, il revient sur le sujet en 1983 avec un livre édité et préfacé par Denis Clerc La faim pourquoi ?, qui au fil des rééditions (la cinquième date de 2003), tend à devenir un classique sur la question.

    En parallèle, les activités d'agronome de François de Ravignan l'amènent à s'intéresser aux questions de développement. En 1979, il fonde l'association Champs du monde qu'il animera jusqu'en 1987, notamment avec François Partant. Il participe ensuite aux activités de l'association La ligne d'horizon dont il a été président durant plusieurs années. Il a publié de nombreux articles sur l'après-développement, notamment sous forme de chroniques sur internet.

 (Suite)

Germes d'avenir (Pierre PETIT).

                                                               TdB éditions    21,00 €

     Un autre type de libéralisme est possible. Mais comment l'argent pourrait-il redevenir l'outil de l'économie réelle ? Comment faire éclore le génie caché de chaque enfant ? Comment assurer une croissance éco-responsable tout en respectant la liberté de chacun ? Des évènements majeurs, depuis la Libération, ont profondément transformé notre société. Il est nécessaire de tendre désormais vers un paradigme libéral à visage humain. Il ne s'agit pas d'un système de plus qui imposerait des solutions toutes faites. L'approche décrite, résolument moderne, s'appuie sur une pensée vivante, dynamique et imaginative. Elle propose de faire évoluer les réalités comportementales et les outils d'aujourd'hui, pour faire germer les possibilités de métamorphose des enjeux sociaux, environnementaux et économiques.

              Biographie de l'auteur
    Pierre Petit est ingénieur de formation. Chef de projet chargé de réalisations industrielles et tertiaires complexes, il a été confronté aux réalités de la fin des 30 glorieuses. Son expérience de vie est tissée de pratiques artistiques et d'engagements sociaux tels que maire adjoint à l'urbanisme, président de plusieurs associations de cadre de vie ou à caractère social.


Le mal propre (Michel SERRES).

2008       112 p.      10 €

     Les tigres pissent pour délimiter leur niche. Ainsi font sangliers et chamois. Mimons-nous ces animaux ? Je le crains, je le vois, je le sens. Quiconque crache dans la soupe ou la salade s'en assure la propriété. Vous ne couchez pas dans des draps salis par un autre ; ils sont désormais à lui. Pour pouvoir recevoir ses clients, un hôtel, un restaurant, inversement, nettoient lit et serviettes. L'éthologie, science des conduites animales, comme les pratiques hospitalières - mais aussi l'histoire des religions, les techniques agricoles, même la sexologie... - montrent le rapport étrange et répulsif entre le sale et la propriété. Oui, notre propre, c'est notre sale. Poursuivant une méditation, commencée avec le Contrat Naturel, sur les risques d'aujourd'hui, ce livre dit que les pollueurs salissent le monde pour se l'approprier. Rien de changé depuis les chiens et les tigres ! Comment pollue-t-on ? Nous commençons à le comprendre. Mais pourquoi polluer ? Ce livre répond à la question. Attachées seulement aux questions de chimie et de médecine, les études actuelles sur l'environnement négligent ces projets, simplement humains, d'appropriation. Nous pouvons changer nos intentions

                      Biographie de l'auteur
    Professeur à Stanford University, membre de l'Académie française, Michel Serres est l'auteur de nombreux essais philosophiques et d'histoire des sciences. L'un des rares philosophes contemporains à proposer une vision du monde ouverte et optimiste, fondée sur une connaissance des humanités et des sciences


Révérence à la vie (Théodore MONOD).

 154 p.  4 € en Poche

   La Terre est un jardin bordé de nuit. Tels des aveugles nous avançons, mais sûrs de nous, fiers, cruels, consommateurs, assoiffés de profit. Modernes ? Que restera-t-il à nos enfants de cette oasis si humaine ? Seront-ils seulement là pour contempler nos méfaits ? Verront-ils, comme nous, les fleurs, le désert, le ciel aux mille étoiles, la vie menacée, la guerre ? Théodore Monod - qui avait seize ans quand les cloches de France sonnèrent la paix en 1918 - nous offre une méditation lucide et pleine d'espoir. Il se bat aujourd'hui comme il l'a toujours fait. Et nous dit : ne mourons pas résignés devant nos ordinateurs. Dans le silence. Dans nos lits. Battons-nous. Cherchons le beau, le vrai. Ayons enfin le courage des larmes. Et révérons la vie.


J'accuse l'économie triomphante (Albert JACQUARD).

                                                     janvier 2000      188 p.      4 € en Poche

     Il n'y a plus de jour où l'on ne nous affirme que l'économie gouverne le monde, que les lois de la rentabilité et du marché constituent une vérité absolue. Quiconque conteste cette nouvelle religion est aussitôt traité d'irresponsable. Mais une société humaine peut-elle vivre sans autre valeur que la valeur marchande ? Prenant ses exemples dans les domaines les plus variés - logement, emploi, santé, environnement, alimentation... - Albert Jacquard démontre les méfaits de l'économisme triomphant et fanatique qui prétend aujourd'hui nous gouverner. Economiste et scientifique, inlassable défenseur du droit au logement, il expose ici en des pages rigoureuses et claires, appuyées sur une vaste information, les convictions qui fondent son engagement. Il nous invite à refuser la fatalité inhumaine de l'intégrisme économique


Le dérèglement du monde (Amin MAALOUF).

mars 2009       314 p.        18 €

     En ces premières années du XXIe siècle, le monde présente de nombreux signes de dérèglement. Dérèglement intellectuel, caractérisé par un déchaînement des affirmations identitaires qui rend difficiles toute coexistence harmonieuse et tout véritable débat. Dérèglement économique et financier, qui entraîne la planète entière dans une zone de turbulences aux conséquences imprévisibles, et qui est lui-même le symptôme d'une perturbation de notre système de valeurs. Dérèglement climatique, qui résulte d'une longue pratique de l'irresponsabilité... L'humanité aurait-elle atteint son " seuil d'incompétence morale " ? Dans cet essai ample, l'auteur cherche à comprendre comment on en est arrivé là et comment on pourrait s'en sortir. Pour lui, le dérèglement du monde tient moins à une " guerre des civilisations " qu'à l'épuisement simultané de toutes nos civilisations, et notamment des deux ensembles culturels dont il se réclame lui-même, à savoir l'Occident et le Monde arabe. Le premier, peu fidèle à ses propres valeurs ; le second, enfermé dans une impasse historique. Un diagnostic inquiétant, mais qui débouche sur une note d'espoir: la période tumultueuse où nous entrons pourrait nous amener à élaborer une vision enfin adulte de nos appartenances, de nos croyances, de nos différences, et du destin de la planète qui nous est commune.

                              Biographie de l'auteur
    Amin Maalouf est l'auteur de plusieurs livres, dont Léon l'Africain, Samarcande, Le Rocher de Tanios ( prix Goncourt 1993 ), Origines... Ce nouvel ouvrage s'inscrit dans la lignée de son essai Les Identités meurtrières, publié en 1998, et qui est aujourd'hui au programme de nombreuses universités à travers le monde.


Le compte à rebours a-t-il commencé? (Albert JACQUARD).

 

                                                                               144 p.     15 €

    Longtemps, l'humanité a vécu en pensant qu'elle avait tout son temps, que le progrès n'en finirait pas de transformer le monde à notre avantage, que les hommes seraient toujours plus riches, plus beaux, plus performants, que l'on pouvait fabriquer indéfiniment des bombes nucléaires sans risquer de les employer et que nous avions le droit de prélever à l'envi toutes les richesses de la planète sans jamais entamer son capital. Cette époque est révolue. Nous savons maintenant que le temps nous est compté et qu'à force de travailler contre nous-mêmes, nous risquons de fabriquer une Terre où aucun de nous ne voudra vivre. Dans ce livre qui ressemble à un avis de tempête, Albert Jacquard passe en revue les questions à propos desquelles il est urgent de procéder à une refonte complète de nos habitudes. Non, le pire n'est pas certain, mais nous devons nous hâter.


               Biographie de l'auteur
    Albert Jacquard, polytechnicien et généticien de formation, continue sa lutte pour l'édification d'une société différente, adulte et lucide, dont la devise doit être, selon la formule d'une jeune lycéenne : " Mieux vaut une réussite solidaire qu'un exploit solitaire. "


Vivre autrement (Corinne LEPAGE).

avril 2009          168 p.          9,00 €

(planete.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/04/20/la-niaque-de-corinne-lepage.html - 64k -

Guillaume MALAURIE

    Disons le : l’essai  de Corinne Lepage « Vivre autrement »  est de très loin le plus  convaincant de la marée verte éditoriale actuelle. L’ancienne Ministre  de  l’environnement  ( 1995 à 1997)  ne ratiocine pas sur la vulgate écolo comme beaucoup d’autres. Elle polémique peu avec l’agora  politicienne qu’elle n’a jamais abandonnée et  dont elle dénonce au détour d’une page  l’ « insignifiance »  et la soumission à l’ « ordre médiatique ». Ce qui l’intéresse, c’est de réamorcer la pompe de la passion politique. Et c'est fait sans effets de manche. Avec un dossier trés fourni sous le bras. Comment ?  D’abord en nous décomplexant de la mondialisation qui nous nanifie, nous  les occidentaux. A sa manière, Lepage est dans le « Yes, we can ». A ses yeux, le tsunami de déprime qui tue nos emplois est le corollaire de notre éreintement démocratique. Un citoyen consommateur qu’elle décrit « passif », «  anémié », « instrumentalisé par la peur », à genoux devant l’autel de la « technoscience »  déifiée et supposée tout résoudre, baladé par les lobbys qui ont phagocyté les lieux de pouvoir. Exemples qui laissent effectivement rêveur : la nomination par Georges Bush d’un responsable d’Exxon, le groupe pétrolier, au titre de Conseiller pour le réchauffement,  ou à la FDA (Federal Drug Administration)  de Marguerite Miller, ex de Monsanto, et de Michael Taylor, ex avocat de Monsanto puis N° 2 de Monsanto…  Résumé : «  L’économie souffre d’anémie et la société d’anémie ».

                   

 (Suite)

Le moment fraternité (Régis DEBRAY).

mars 2009    384 p.     21 €

  

   Contre l'individualisme triomphant, Régis Debray plaide pour une société nouvelle et meilleure dans «le Moment fraternité»

   Il est un bovarysme constant dans l'intelligentsia française consistant à imaginer le monde tel qu'il devrait être, tel que l'on aimerait qu'il soit. Extravagant idéalisme se heurtant à cette résistance qu est la nature des choses. Laquelle resurgit sous la plume de Régis Debray lorsqu'il rappelle l'étonnante vitalité de tous ces «nous» qui caractérisent le terreau de tout être ensemble. Ils constituent la nappe phréatique qui, sur la longue durée, sous-tend toute vie sociale. Si l'Etat est fatigué, si les corps intermédiaires institutionnels n'existent que sous forme de reliques, les «nous» reposent sur un sentiment d'appartenance indéniable.

   A l'encontre d'un supposé individualisme dont les penseurs de la série B font leurs choux gras, cette méditation sur la fraternité n'est pas sans rappeler ce que l'historien Philippe Ariès nommait les «petites collectivités», ces «groupes immédiats» qui, par sédimentations successives, assurent la solidité et la perdurance de toute vie sociétale. J'emploie à dessein ce terme. Car, au-delà ou en deçà d'un «social» trop rationnel, le «sociétal» est ce qui mobilise les affects, les rêves collectifs.

   Peut-être est-ce cela que Debray désigne sous le terme de «sacral»: une éthique primordiale, fondement de toute communauté naturelle et source originelle de toute société. Avec érudition, ce «Moment fraternité» nous rappelle qu'il faut savoir repérer les forces souterraines régissant l'histoire des peuples. Celle des émotions et des passions partagées, assurant a priori un lien bien plus irréfragable que toutes les justifications et légitimations rationalisées a posteriori.

   Au travers de la réaffirmation de tous ces «nous», de leur ordonnancement en une mosaïque à la fois complexe et cohérente, peut-être assistons- nous à l'émergence d'une socialité postmoderne. S'il emploie incidemment ce terme, ce n'est pas la préoccupation essentielle de Debray. Et pourtant, même si nous avons quelque difficulté, en France, à l'accepter, c'est bien la postmodernité naissante qui s'annonce avec le retour de termes tel celui de «fraternité». Par là s'esquisse le glissement d'une civilisation rationnelle vers une culture où l'instinct communautaire a sa part. Même si cela peut paraître paradoxal, tant il est difficile de se départir des habitudes de pensée, le primat de l'économique cède, peu à peu, la place à la primauté du spirituel.

   Voilà le cœur battant du livre. Il risque de déplaire, tant il est fréquent de préférer entendre ce dont on est déjà convaincu. Mais l'auteur, et sa lucidité roborative en porte témoignage, se moque bien de la «protestation belle âme». Et c'est heureux.

                         Michel MAFFESOLI   Nouvel Obs   n°2318   p.134

 (Suite)

La corruption du meilleur engendre le pire (Ivan ILLITCH & David CAYLEY).

Actes Sud    2007    345 p.    26 €

    Ivan Illich (1926-2002) prétendait traiter en historien des questions que d'autres auraient adressé à des théologiens. Il reprochait à l'Église d'avoir institutionnalisé ce qui, par essence, est gratuit, et d'avoir instrumentalisé la charité. Il voyait dans cette perversion d'origine lointaine des institutions modernes comme l'Eglise, l'Ecole et l'Université, et ne cessa d'inciter le monde occidental à repenser celles-ci fondamentalement.
    A la fin de sa vie, dans ces entretiens accordés à David Cayley, il parle pour la première fois de la "corruption" du Nouveau Testament qui lui paraît le "péché originel" menant tout droit à la société de consommation, à la misère des autres, et à une relation aliénée entre les êtres.
    Ces entretiens constituent une sorte de "testament spirituel" qui éclaire l'ensemble de l'œuvre d'Ivan Illich. Il pose l'histoire du bon Samaritain et son acte de miséricorde spontanée - sans considération d'origine ni de religion - comme le véritable fondement d'une éthique capable d'unir au lieu de diviser.
Un essai d'une force et d'une perspicacité rares à l'heure où les différentes croyances s'affrontent et se combattent...

          Biographie de l'auteur
   David Cayley travaille à la radio canadienne. Il est l'auteur de plusieurs essais dont Entretiens avec Ivan Illich (Ballarmin, 1996).


La puissance des pauvres (Majid RAHNEMA, Jean ROBERT).

                                                     Actes Sud    2008    289 p.    22,80 €

     Dans son précédent ouvrage. Quand la misère chasse la pauvreté Majid Rahnema entendait montrer que l'économie moderne, en éradiquant la pauvreté conviviale- un mode de vie millénaire - a eu une part prépondérante dans la multiplication de nouvelles formes de misère. Dans cet essai. Majid Rahnema et Jean Robert, tous les deux proches d'Ivan Illich, s'emploient, tantôt à travers un échange de dialogues, tantôt par une réflexion commune. à dresser un état des lieux et à rechercher les causes profondes des malaises qui rongent toutes les sociétés de marché. Pour eux, si la pauvreté continue d'être codifiée en termes d'aide ou de calculs économiques abstraits - le pauvre extrême est défini par un revenu de un dollar par jour - des formes toujours plus pernicieuses de misère élargiront sans cesse l'abîme entre nantis et miséreux. Aussi bien, les voies de l'espérance passent par la redécouverte par chacun de sa propre puissance d'agir. Constatant l'échec des certitudes établies et des fausses solutions qu'elles engendrent, les auteurs en appellent à divers intercesseurs, à la recherche d'outils nécessaires à une autre lecture du monde et de ses devenirs révolutionnaires. Ils dialoguent tour à tour avec ces grands morts que sont Spinoza, Gandhi, Foucault et Deleuze, mais aussi avec des vivants multiples tels que les zapatistes du Mexique, les Sans-Terre du Brésil, les Indiens du mouvement Janadesh, et d'autres encore, moins connus, multitudes en train d'ouvrir de nouveaux possibles.

     Biographie de l'auteur
    Diplomate et ancien ministre. Majid Rahnema a représente l'Iran à l'ONU. Ancien membre du Conseil exécutif de l'Unesco, il se consacre. depuis plus de vingt ans au problème de la pauvreté. Il a publié Quand la misère chasse la pauvreté (Actes sud, 2007, Babel n°660). Jean Robert, architecte, historien des techniques et enseignant à Guernavaca (Mexique) a cotraduit les entretiens d'Ivan Illich et David Cayley, la corruption du meilleur engendre le pire (Actes Sud, 2007) Il est l'auteur du Temps que l'on nous vole (Seuil, 1980), et en collaboration avec Jean-Pierre Dupuy, de La trahison de l'opulence (PUF, 1976).


Le technoscientisme (M. ATTEIA).

                                                                   494 p.      29,90 €

   Aux idéologies athées qui ont tenté au XXe siècle de soumettre le monde à leur empire, s'est substituée sans transition une idéologie beaucoup plus subtile qui, aujourd'hui, surplombe le monde et l'assujettit à un nouvel ordre : le technoscientisme. Celui-ci est né de l'incroyable développement scientifique et technique qui a ébloui les terriens. Cette idéologie s'est affirmée, imposant son projet de maîtrise et de domination de la nature via la mathématisation du réel. Et c'est dans l'entité planétaire qu'est la Ville que la religion technoscientiste est vénérée avec le plus de ferveur. Unies par un réseau de relations multiples de plus en plus serré, les grandes cités de notre planète sont soumises à la férule du technocapitalisme, hybridation du capitalisme et de la technoscience, dernier avatar du capitalisme. Assises de la société technoscientiste, la bio-ingénierie et l'industrie nucléaire imposent une loi d'airain à tous les êtres humains et créent pour tous des nuisances de plus en plus graves qui menacent la vie des générations à venir. Les idéaux humanistes de paix, de justice sociale et de liberté régressent partout. L'auteur examine ici, avec son regard de philosophe et de mathématicien, le nouvel " ordre " mondial. Il montre comment la Ville est devenu un monde de plus en plus totalitaire, tendu dans la démesure vers la création d'un homme- dieu. Il appelle à refuser le fatalisme et à résister sans faiblesse à l'idéologie dominante.

                      Biographie de l'auteur
    Docteur en mathématiques appliquées, Marc Atteia est professeur de mathématiques à l'Université de Toulouse, à la retraite. II a créé et dirigé un laboratoire de mathématiques tourné vers les applications. Il a mené une longue carrière militante (K de " résistance ") : antimilitariste, antinucléaire dans le cadre de plusieurs associations telles qu'aujourd'hui le Réseau Sortir du nucléaire, Amnesty International, le Mouvement pour la défense de la Paix et des libertés (MDPL).