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Vers un monde plus juste

Les ravages du modèle américain ( Michel DESMURGET).

éd. Max Milo,    275 p.      19,90€

    Lorsque l'on fouille la réalité statistique et humaine des Etats-Unis on découvre un univers inattendu, embusqué à mille lieues des chimères médiatiques sans cesse réaffirmées. Le mythique modèle américain dissimule une brutalité dont peu d'Européens semblent avoir conscience. De tous les pays industrialisés, l'Amérique est celui qui possède la plus grande richesse, mais aussi le plus grand pourcentage d'indigents, le plus grand nombre de travailleurs pauvres, le système social le moins généreux, le droit du travail le plus restrictif, le plus faible taux de mobilité sociale, le plus fort taux de mortalité infantile et le degré de répartition des richesses le plus iniquement inégalitaire.
    En Amérique, des centaines de personnes meurent chaque jour parce qu''elles n'ont pu payer les soins dont elles avaient besoin. Des millions d'enfants vivent sous le seuil de pauvreté et se voient nier jusqu'au droit à une éducation décente. Des millions d'infortunés occupent deux voir trois emplois simultanément, sans pouvoir s'extraire de la misère. Des millions de travailleurs, révocables sans préavis, sont dépourvus de congés payés, d'assurance santé, de plans de retraite et de couverture chômage. Des femmes accouchent et retournent au travail dès le lendemain faute d'avoir accès à des congés maternité payés. Des retraités sont contraints de revendre, pour subsister, des canettes de coca-cola vides, ramassées dans les poubelles.
    Est-ce là vraiment le modèle que nous voulons importer en Europe? Si tel doit être notre choix, alors il convient que la décision soit prise, non en référence à une trompeuse chimère, mais sur la base d'éléments objectifs et loyaux. C'est la vocation de cet ouvrage incroyablement documenté que de fournir au lecteur ces éléments.

    Michel Desmurget est chercheur à l'INSERM. Il a vécu, étudié et travaillé huit ans aux États-Unis.

 


                                                  Extrait du livre :
             Extrait de l'introduction :

     J'ai vécu près de huit ans aux États-Unis. Depuis que je suis rentré en France, courant 2006, je ne compte plus les témoignages de généreuse compassion : «Ça doit être difficile de revenir comme ça. Ici c'est dur, ce n'est pas comme en Amérique, mais bon, on n'a pas toujours le choix.» L'idée que l'on puisse, par simple aspiration, rejoindre l'Hexagone et l'Europe paraît, sur le fond, totalement inaccessible à la majorité de mes compatriotes. Il faut dire que le «Nouveau Monde» ressemble apparemment pour ces derniers à une splendide terre de cocagne : un niveau de vie sans égal, une remarquable parcimonie fiscale, des entre­preneurs audacieux, un chômage dérisoire, des hôpitaux de pointe, un système éducatif exemplaire, une justice implacable, une mobilité sociale sans faille et l'assurance immuable de voir la richesse se donner au travail plus qu'à l'hérédité. Bien sûr, ce tableau idyllique ne prend son véritable sens qu'en négatif, par comparaison à l'univers supposé sclérosé de notre «Vieille Europe». Nos concitoyens seraient ainsi écrasés d'impôts, nos entreprises épuisées de charges, nos jeunes tristement paresseux, notre chômage endémique, nos systèmes de santé déliquescents, nos universités délabrées, nos écoles tragiques, notre justice servile et notre modèle social basé sur un assistanat inique par lequel la sueur des productifs nourrirait la paresse d'une légion de sangsues.

    «Les pièges de l'assistanat», «La France assistée», «La grande colère des classes moyennes : déclassées, assommées d'impôts, désabusées de la croissance», pouvait-on lire ces derniers mois, à la une de plusieurs grands hebdomadaires français. «Depuis 25 ans, tout est fait pour décourager le travail, pénaliser l'effort, dissuader le mérite (...). Ceux qui travaillent gagnent parfois moins que ceux qui vivent de l'assistanat», tonnait Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007. Ces idées sont si fortement ancrées au coeur de notre inconscient collectif qu'une grande marque de voiture a même récemment choisi d'en faire le centre de sa campagne publicitaire : entrepreneurs, l'état vous saigne, il vous prend tout, ne vous laissant à la fin du mois que vos yeux pour pleurer ; par chance, Fiat est là pour vous comprendre et vous aider avec des prix aussi modiques qu'inégalables.


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