Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Vers un monde plus juste

Déclaration du Conseil d'administration d'Attac France (12 octobre 2008)

  La crise financière a été au coeur des discussions du Conseil d’administration, tout comme elle l'avait été la veille au sein du Conseil scientifique, et une semaine auparavant lors de la CNCL. Attac s’est construite autour d'un mot d'ordre, désarmer les marchés financiers, dont chacun constate aujourd’hui la pertinence. La fuite en avant du capitalisme financier et la dérégulation des marchés ont en effet abouti à une crise sans précédent depuis 1929.

  À l'heure où les divers gouvernements des pays riches s’efforcent de colmater les brèches, sans remettre un seul instant en cause un système qu'il suffirait paraît-il de démoraliser pour assurer sa viabilité, il convient pour Attac de dénoncer ou de rappeler quelques idées essentielles : ainsi, l'intervention des États est plus que jamais nécessaire, mais il est hors de question de socialiser les pertes par des nationalisations temporaires, puis de privatiser des institutions redevenues rentables grâce à l'argent des citoyens. Les banques doivent être placées et maintenues sous contrôle public et démocratique.

  Le gonflement, puis l'éclatement de la bulle financière sont liés à la modification de la répartition des revenus ces dernières décennies, au détriment des salariés et au profit des plus riches, qui ont trouvé dans la spéculation un moyen supplémentaire d'amplifier leurs bénéfices. Il est indispensable d'inverser cette tendance, d'une part en introduisant une imposition progressive des revenus du capital, voire en fixant un revenu maximum, de l'autre en redistribuant les richesses de façon équitable, ce qui implique, entre autres, des augmentations de salaires et une meilleure protection sociale.

  De plus, alors que des centaines de milliards de dollars ou d'euros sont déversés par les banques centrales ou le FMI pour venir en aide à la finance malade, la dette des pays pauvres apparaît plus que jamais comme une odieuse absurdité : elle doit être immédiatement annulée, et sans contrepartie. De la même façon, les investissements collectifs indispensables pour préparer la reconversion énergétique et la sortie du productivisme sont ignorés. Or, la gravité de la crise écologique est une raison supplémentaire pour enlever au marché le gouvernement de la planète. Seuls les choix politiques démocratiques sont légitimes sur ce point comme sur les autres.

  Ce ne sont là que quelques pistes : en collaboration avec les autres Attac d'Europe, Attac France a entrepris une campagne pour en finir avec les crises financières et faire entendre la voix des citoyens. Les dates du 15 et surtout du 24 octobre ont été fixées comme des moments forts de cette campagne. Des outils et initiatives d’éducation populaire sont prévus : manifestations, tracts, affiches, journées de formation, conférences-débats etc. Dès le 15 octobre, sera publiée une déclaration des Attac d’Europe sur la crise financière et les alternatives démocratiques.

  La gravité de la crise financière amène Attac France à lui consacrer une campagne prioritaire à laquelle tous les comités locaux sont appelés à participer pleinement. Toutefois, celle-ci ne doit pas faire oublier les autres campagnes d'Attac France, qui sont d'ailleurs toutes liées aux diverses facettes du capitalisme néolibéral. Plusieurs mobilisations unitaires sont prévues pendant la présidence française de l'Union européenne. En lien avec de multiples forces du mouvement altermondialiste, Attac a participé en septembre à Annecy à un rassemblement pour une autre politique agricole commune (PAC), qui a réuni plus de 3 000 personnes. Elle participera les 17 et 18 octobre à Paris à l'initiative "Des ponts, pas des murs", sur la question des migrations et du développement. Le 29 novembre à Paris, une rencontre portera sur le changement climatique. Enfin, le 6 décembre à Paris, juste avant le dernier Conseil européen de la présidence française, sera l'occasion d'un moment fort de convergences des organisations, réseaux et citoyens pour une autre Europe.

  La question de l'Europe renvoie également à une autre mobilisation unitaire : celle contre la privatisation de la Poste. Attac y participe, et peut notamment y apporter ses capacités d'analyse et de mise en lien avec l'Europe néolibérale : tant il est vrai que la crise n'a rien changé à la doctrine européenne de libéralisations et de privatisations, réaffirmée il y a quelques jours par les ministres de l'économie et des finances de l'Union.

  Enfin, Attac France n'oublie pas que la crise mondiale n'est pas seulement financière, mais aussi alimentaire, sociale et écologique. L'aspect écologique pose, entre autres, le problème des sources d'énergie. Le Conseil d'administration a décidé d'ouvrir au sein de l'association la discussion sur un sujet jusque là trop peu abordé, le nucléaire. Cette discussion sera notamment développée
lors des Assises d'Attac France les 22 et 23 novembre à Dijon.

Commentaires


Votre commentaires :

Votre commentaire s'affichera après validation du titulaire du blog