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Vers un monde plus juste

Les affameurs: voyage au coeur de la planète de la faim (Doan BUI).

janvier 2009    360 p.   17,90 €

    La Terre peut-elle nourrir tous ses habitants? L'année 2008 a commencé sous le signe des " émeutes de la faim ", elle se termine sur fond de krach. Débâcle financière qui va immanquablement aggraver la crise alimentaire. Quand les riches maigrissent, les pauvres meurent? Ils meurent déjà. Bienvenue dans la planète de la faim. Une planète où les affameurs jouent contre les affamés. D'un côté, les traders de la City qui jonglent avec les milliards, les pieuvres de l'agrobusiness comme Monsanto ou Cargill, qui prospèrent en ces temps de crise, la Chine qui rachète des terres à tour de bras dans les pays pauvres pour assurer sa sécurité alimentaire. De l'autre, les pêcheurs sénégalais ou les paysans indonésiens expropriés. Ce livre est un voyage au cœur de la globalisation qui nous met face aux questions les plus inattendues. Comment nos chips sont-elles en train de tuer les orang-outans? Pourquoi nos voitures brûlent-elles du maïs dans leur réservoir quand tant de ventres crient famine? Dans le monopoly de la mondialisation, tous nos destins sont liés.    

  • Dakar : le commerce triangulaire, version mondialisation
  • Genève, négociants et diplomates
  • Londres, les naufrageurs de la City
  • Pékin-Shangai : le réveil de l'ogre
  • Très chère viande
  • Jakarta, le soja de la faim
  • Le scandale de l'huile de palme
  • Les tribulations d'une fraise
  • Biocarburants, les voitures contre les hommes
  • Les pieuvres de l'agrobusiness
  • Pays pauvres à vendre 

                         Biographie de l'auteur
        Doan Bui est journaliste au Nouvel Observateur. Son enquête a duré plus de deux ans à travers le monde entier.      

      Source: "le Nouvel Observateur" du 26 février 2009.          

      Par Vincent Monnier

    L'agriculture est morte. Vive l'agrobusiness! Un monde radieusement irradié, avec ses crevettes vietnamiennes low cost élevées dans des bassins où l'on jette des carcasses de voitures rouillées pour améliorer leur teneur en fer.

 
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V. Blocquaux
Doan Bui
    Et ses spéculateurs sans scrupules qui, alors que les ventres de Dakar criaient famine, faisaient patienter les cargos remplis de cargaison de riz au large, au cas où une meilleure offre se présenterait à eux. Business is business. Et celui-là nourrit son homme. Comprendre: ses traders infatués avec leurs comptes planqués aux îles Caïmans. Ou ses multinationales comme Cargill, plus grosse société privée du monde, reine des profits record (4 milliards d'euros de bénéfices) et de l'opacité (la société n'est pas cotée en Bourse).

   Des marchés de Dakar aux champs de Djakarta en passant par les serres industrielles de Huelva et une visite inoubliable au siège de l'OMC à Genève, vaisseau aussi creux que le ventre des affamés, c'est une plongée édifiante et fascinante au coeur de la planète de la faim à laquelle nous convie Doan Bui. «Dans notre monde de surplus, la faim n'est pas un sujet médiatique. Elle ennuie. C'est tellement répétitif.» Elle se trompe. Sous sa plume alerte et acérée qui renoue avec cette fameuse subjectivité chère à Tom Wolfe et au nouveau journaliste, la faim devient un sujet passionnant. C'est la seule bonne nouvelle du livre: le grand reportage n'est pas mort, les grands reporters non plus


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